L'EPARGNE SALARIALE : UN ANALYSEUR DE L'EVOLUTION DU MOUVEMENT
SYNDICAL FRANCAIS
TITRE II : LES STRATEGIES SYNDICALES
CHAPITRE VI : POSITION DES POUVOIRS PUBLICS
3) La pression de la Commission Européenne
pour la réforme des régimes de retraite
Un autre acteur, semble avoir une influence importante
sur le destin de l'épargne salariale : la Commission Européenne.
En effet, celle-ci pousse la France a adopter une réforme de
ces régimes de retraite, afin de limiter leur coûts pour
les finances publiques.
Antoine Math, dans un document de travail de l'IRES,
paru en 2001, a analysé la position de l'Union Européenne
par rapport au financement des systèmes de protection sociale
des Etats Membres, notamment des régimes de retraite, du fait
du Pacte de Stabilité qui contraint les finances publiques
des Etats Membres, dans un contexte de vieillissement général
des populations européennes.
Ainsi, un rapport du Comité de politique économique
du Conseil des ministres rendait les conclusions suivantes : le vieillissement
de la population va engendrer un surcoût " insupportable
" pour les régimes de retraite par répartition,
ainsi que pour les finances publiques (environ 4 points de PIB). Ces
régimes doivent donc être réformés, dans
le sens d'une limitation du système par répartition
(en agissant sur le montant des prestations versées et sur
l'âge de la retraite), et d'un accroissement de la capitalisation
(systèmes pré-financés individuels et collectifs
privés).
Cependant, pour en arriver à de telles conclusions,
ce rapport se base sur des hypothèses économiques très
pessimistes (1,7% de moyenne pour la France), des hypothèses
démographiques très incertaines (au-delà de 20
ans), une stagnation des taux d'activité de la population active
et le maintien d'un taux de chômage structurel élevé
(6,7%).
Une fois dégagées de telles prévisions,
le rapport préconise le développement de dispositifs
par capitalisation pour soutenir le régime par répartition,
sans évoquer d'autres solutions, comme les réformes
structurelles entreprises dans les années 90 afin de limiter
les taux de remplacement, ou la possibilité d'augmenter les
cotisations sociales.
Et l'auteur de conclure, que ce type de rapport (aux
fondements idéologiques et non scientifiques) est destiné
à détruire la confiance des citoyens dans les systèmes
par répartition, afin de mieux imposer la capitalisation, qui
a l'avantage de ne pas peser sur les finances publiques et de renforcer
l'industrie financière européenne face à la vive
concurrence américaine, même si seuls les ménages
aisés pourront financer une retraite surcomplémentaire.
