Le congé individuel
de formation
Le congé individuel de formation permet
au salarié de s'absenter de son poste de travail pour suivre
la formation de son choix et ce, indépendamment des actions
de formation comprises dans le plan de formation dans l'entreprise.
Quels sont les salariés pouvant
bénéficier du CIF ?
Pour bénéficier du CIF, le salarié
doit justifier d'une ancienneté de 24 mois (36 mois s'il
travaille dans une entreprise artisanale de moins de 10 salariés),
consécutifs ou non, dont 12 mois dans l'entreprise. Toutefois,
cette condition d'ancienneté n'est pas requise lorsque
le salarié a changé d'emploi suite à un licenciement
pour motif économique, dès lors qu'il n'a pas suivi
de stage de formation entre son licenciement et sa nouvelle embauche.
Par contre, il n'existe aucune condition en rapport
avec l'effectif de l'entreprise ou la nature du contrat de travail
du salarié (CDI, CDD, etc.).
Enfin, il faut savoir que si le salarié
a déjà bénéficié d'un CIF,
il doit respecter un délai de franchise pour pouvoir en
bénéficier à nouveau. Ce délai de
franchise dépend de la durée du précédent
CIF, sans pouvoir toutefois être inférieure à
6 mois et supérieure à 6 ans.
Comment effectuer sa demande de congé
?
Le salarié qui souhaite bénéficier
d'un CIF doit adresser une demande d'autorisation d'absence à
son employeur au moins 60 jours avant le début de l'action
de formation ou 120 jours avant le début de l'action de
formation si celle-ci a une durée de 6 mois minimum continue.
La demande d'autorisation d'absence doit mentionner
l'intitulé du stage, sa date de début, sa durée
et le nom de l'organisme formateur.
L'employeur peut-il refuser la demande
du salarié ?
L'employeur dispose d'un délai de 30 jours
suivant la réception de la demande pour répondre
au salarié. Si le salarié remplit les conditions
requises pour accéder au CIF, l'employeur ne peut le lui
refuser.
Par contre, l'employeur a la possibilité,
après avoir consulté les représentants du
personnel, décider de reporter la demande de CIF s'il estime
que le départ du salarié serait préjudiciable
à la production et à la bonne marche de l'entreprise.
Mais ce report ne peut excéder un délai de 9 mois.
En cas de litige, l'inspecteur du travail peut être saisi
par l'une ou l'autre des parties et pris pour arbitre.
De même, l'employeur a la possibilité
de reporter la demande d'autorisation d'absence du salarié
lorsqu'un certain nombre de salariés de l'établissement
sont déjà en congé de formation :
- dans les établissements de 200 salariés
et plus, le report est possible si 2% du nombre des salariés
de l'établissement sont simultanément en congé
de formation ;
- dans les établissements de moins de
200 salariés, le report est possible si 2% du nombre des
heures de travail effectuées dans l'année par l'ensemble
du personnel sont déjà utilisées au titre
du congé de formation.
Toutefois, en cas de report, l'employeur doit
respecter l'ordre de priorité suivant:
- les demandes présentées pour
passer un examen ;
- les demandes déjà présentées
mais qui ont été reportées;
- les demande présentées par des
salarié dont le stage a été interrompu pour
des motifs reconnus valables par l'employeur, après avis
des représentants du personnel;
- les demande présentées par les
salarié qui ont la plus grande ancienneté dans l'entreprise.
Le salarié en CIF est-il indemnisé
?
L'employeur n'a ni l'obligation d'indemniser
le salarié durant le temps de sa formation, ni celle de
prendre en charge le coût de la formation elle-même.
En effet, le financement des CIF ne relève pas des employeurs
mais d'organismes paritaires spécifiques, appelés
OPACIFS (notamment les FONGECIF et les OPCA). Pour mener à
bien ce financement, les OPACIF perçoivent des cotisations
forfaitaires des entreprises occupant régulièrement
au moins 10 salariés et éventuellement, des financement
complémentaire de l'Etat.
Quelles démarches le salarié
doit-il effectuer pour obtenir la prise en charge de son CIF ?
Pour bénéficier de la prise en
charge de son CIF, le salarié doit adresser une demande
écrite de prise en charge à l'organisme auprès
duquel son employeur cotise. En cas d'accord, l'organisme val
prendre en charge la rémunération du salarié
et éventuellement, le coût de la formation, les frais
d'hébergement, les frais de transports, etc.
Selon la formation effectuée par le salarié,
l'organisme prend en charge 80% ou 90% de la rémunération
habituelle. Toutefois, le salarié peut toujours demander
à son employeur de prendre en charge le complément.
S'il accepte, l'employeur peut alors déduire les sommes
versées de son obligation de financer la formation professionnelle
continue.
Toutefois, si la rémunération du
salarié est inférieure à deux fois le SMIC,
la prise en charge de l'organisme est en principe totale.
A savoir. En pratique, c'est l'employeur qui
verse la rémunération du salarié pendant
le temps de la formation. Après avoir effectué ce
paiement, l'employeur a alors la possibilité de se faire
rembourser par l'organisme collecteur.
Références juridiques : Articles
L. 931-1 à L. 931-12, L. 942-1, L. 951-1, R. 931-1 à
R. 931-9, R. 931-20 à R. 931-22 du code du travail
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