La maladie non professionnelle
Quelles sont les obligations du salarié
?
Le salarié en arrêt maladie doit
se soumettre à un certains nombre d'obligations :
- Informer l'employeur dans les plus brefs délais
de son absence et de la durée de celle-ci. L'information
peut seffectuer avant le départ de lentreprise
si le salarié tombe malade durant la journée de
travail ou après, par téléphone ou par écrit.
- Délivrer un certificat médical dans le délai
fixé dans la convention collective. En l'absence de disposition
conventionnelle, on applique le délai de 48 heures issue
de la loi sur la mensualisation. Toute prolongation de l'arrêt
maladie doit elle aussi donner lieu à la délivrance
d'un certificat médicale.
- Respecter les heures de sorties mentionnées sur larrêt
de travail. En principe, les heures de sortie autorisées
sont de 10 heures à 12 heures et de 16 heures à
18 heures. Si le salarié absent de son domicile lors dun
contrôle effectué en dehors de ces heures de sortie
autorisées peut être privé de tout ou partie
de ses indemnités journalières.
- Se soumettre à la contre-visite médicale éventuellement
organisée par l'employeur si le salarié perçoit
des indemnités complémentaires de sa part.
- Interdiction de travailler durant l'arrêt de travail,
même de manière exceptionnelle ou pour son propre
compte.
- Reprendre son travail à la date prévue par larrêt
de travail.
- Se soumettre à la visite médicale de reprise éventuellement
organisée par lemployeur.
Quelles sont les obligations de lemployeur
?
Lemployeur doit organiser, au plus tard
dans un délai de 8 jours suivant la reprise, une visite
médicale de reprise si le salarié a été
absent au moins 21 jours ou si ses absences sont fréquentes
et répétées. Cette visite, effectuée
par le médecin du travail, permet de vérifier l'aptitude
du salarié à reprendre le travail.
Lemployeur n'a pas la possibilité
de contester lavis émis par le médecin du
travail. Il peut juste contester les éventuelles mesures
de reclassement préconisées devant linspecteur
du travail.
Par ailleurs, lemployeur doit envoyer à
la CPAM une attestation de reprise du travail contenant les informations
nécessaires au calcul des indemnités journalières
versée par la Sécurité sociale au salarié.
Cet envoi doit être adressé soit :
- lors de la reprise du travail si larrêt de maladie
est inférieur ou égal à 15 jours ;
- lors de la prolongation de la maladie ;
- tous les 15 jours si larrêt de travail est supérieur
à 15 jours.
Quelle est l'indemnisation versée par
la Sécurité sociale ?
Passé un délai de carence de trois
jours, la CPAM verse au salarié des indemnités journalières
Ces indemnités ne sont donc versées quà
partir du 4ème jour darrêt de travail.
Le montant de l'indemnité journalière
est égal :
- à 50% du gain journalier de base pendant
les six premiers mois, dans la limite de 1/720ème du plafond
annuel de Sécurité sociale;
- et dès le 1er jour du 7ème mois
d'indemnisation ininterrompue, à 51,49% du gain journalier
de base, dans la limite de 1/720ème du plafond annuel de
Sécurité sociale.
Par ailleurs, cette indemnité journalière
est majorée dès le 31ème jour darrêt
de travail si le salarié a trois enfants à charge.
Dans ce cas, l'indemnité journalière est donc égale
à :
- 2/3 du gain journalier de base, dans la limite
de 1/540ème du plafond annuel de Sécurité
sociale ;
- et dès le 1er jour du 7ème mois
d'indemnisation ininterrompue à 68,66% du gain journalier
de base, dans la limite de 1/525ème du plafond annuel de
Sécurité sociale.
Par ailleurs, si larrêt de travail
est supérieur à trois mois, lindemnité
journalière est revalorisée dès lors qu'une
augmentation générale des salaires intervient postérieurement
à l'arrêt de travail. Cette augmentation n'est pas
systématique, pour en bénéficier, l'assuré
doit en faire la demande.
A noter : Le plafond annuel de Sécurité
sociale est fixé à 29 712 € pour 2004.
Le gain journalier de base est égal au
salaire moyen journalier du salarié. Si le salarié
est mensualisé, il est nécessaire de prendre en
compte les salaires de ces trois derniers mois précédant
larrêt de travail (dans la limite du plafond de Sécurité
sociale, soit 2352 €/mois). Dès lors, son gain journalier
de base est égal à : Cumul des trois derniers mois
de salaires / 90.
En revanche, si la rémunération
du salarié est versée selon une autre périodicité,
le calcul de son gain journalier de base est différent.
Par exemple, si le salarié travaille de manière
saisonnière, le gain journalier de base est égal
à : cumul des ces 12 derniers mois de salaires (dans la
limite du plafond de Sécurité sociale) / 360.
Le salarié perçoit-il une indemnisation
complémentaire de l'employeur ?
Le salarié peut, sous certaines conditions,
bénéficier d'une indemnisation complémentaires
versée par l'employeur. Ces conditions sont celles définies
par la loi sur la mensualisation du 19 janvier 1978. Toutefois,
si la convention collective applicable dans lentreprise
prévoit des dispositions plus avantageuses pour le salarié,
celles-ci doivent s'appliquer.
Pour bénéficier de l'indemnisation
complémentaire prévue par la loi sur la mensualisation,
le salarié doit justifier de trois ans minimum d'ancienneté
au premier jour de labsence.
L'indemnité complémentaire n'intervient
quà compter du 11ème jour de labsence.
Dès lors, l'employeur ne doit verser aucune indemnité
complémentaire si l'absence du salarié dure moins
de 11 jours, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Le montant de lindemnité complémentaire
est égal à :
- pendant les 30 premiers jours calendaires de
l'absence : 90% du salaire brut que le salarié aurait perçu
sil avait continuer à travailler (ce pourcentage
comprend les indemnités journalières versées
par la Sécurité sociale) ;
- et pendant les 30 jours suivants : 66,66% de
ce même salaire.
Par ailleurs, la durée du versement de
cette indemnité complémentaire est augmentée
de 10 jours par tranche de 5 ans dancienneté, dans
la limite de 90 jours.
Tableau récapitulatif de la durée
du versement de l'indemnisation complémentaire :
Ancienneté du salarié |
90% du salaire brut |
66,66% du salaire brut |
de 3 à 8 ans |
30 jours |
30 jours |
de 8 à 13 ans |
40 jours |
40 jours |
de 13 à 18 ans |
50 jours |
50 jours |
de 18 à 23 ans |
60 jours |
60 jours |
de 23 à 28 ans |
70 jours |
70 jours |
de 28 ans à 33 ans |
80 jours |
80 jours |
Dès 33 ans |
90 jours (maximum) |
90 jours (maximum) |
Toutefois, la durée de versement de lindemnisation
complémentaire est également plafonnée par
période de douze mois. En effet, le salarié ne peut
pas percevoir, par période de douze mois, pour des arrêts
de travail différents, un nombre de jours indemnisés
supérieur au nombre de jours auxquels il a droit compte
tenu de son ancienneté. Le point de départ de ce
décompte est le premier jour du nouvel arrêt de travail
et non le premier jour de lindemnisation.
Par exemple, si un salarié qui a 10 ans
dancienneté est absent du 1er juin au 29 juin 2002
inclus et que, au cours des douze mois précédent
le 1er juin, il a déjà perçu 35 jours dindemnités
complémentaires à 90%, il naura droit quà
5 jours à 90%, les autres jours d'absence n'étant
indemnisés qu'à 66,66% (dans la limite de 40 jours).
A savoir: Dès lors que l'employeur verse
des indemnités complémentaires, il a la possibilité
d'organiser une contre-visite médicale. Si lors de cette
contre-visite, le médecin estime que l'arrêt n'est
pas justifié, lemployeur a la possibilité
de suspendre le versement de ces indemnités complémentaires.
IL en est de même si le salarié est absent lors de
cette visite ou encore s'il refuse de s'y soumettre.
Quels sont les effets de la maladie non professionnelle
sur le contrat de travail?
En principe, la maladie (si le salarié
respecte toutes ses obligations) entraîne une simple suspension
du contrat de travail. Dès lors, à lissue
de larrêt maladie, lemployeur doit réintégrer
le salarié à son poste de travail. A défaut,
lemployeur peut être sanctionné pour avoir
effectué un licenciement abusif.
A noter : Toutefois, si les absences prolongées
ou répétées du salarié désorganisent
la bonne marche de l'entreprise et rendent nécessaire le
remplacement définitif du salarié malade, l'employeur
peut licencier le salarié.
Cas particuliers :
Les effets de la maladie sur la période
dessai : la durée de la période d'essai est
prolongée de la durée de la maladie.
Les effets de la maladie sur les congés
payés : en principe, larrêt maladie nest
pas assimilé à du temps de travail effectif pour
le calcul de la durée des congés payés. Ces
derniers sont donc proportionnellement réduit. Toutefois,
de nombreuses conventions collectives assimilent les périodes
darrêt maladie à du temps de travail effectif.
Les effets de la maladie sur la prise des congés
payés : si la maladie survient pendant les congés
payés, lemployeur nest pas tenu daccorder
au salarié, après la guérison, le reliquat
de congé correspondant à la durée de larrêt
maladie, sauf disposition conventionnelle plus favorable. En revanche,
si la maladie survient avant le départ en congés
payés, lemployeur doit accorder au salarié
ses congés payés après la guérison.
Les effets de la maladie sur lancienneté
: larrêt maladie nest pas prise en compte pour
calculer lancienneté du salarié dans lentreprise,
sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Les effets de la maladie sur le préavis
: la durée de larrêt de travail na aucun
effet sur la durée du préavis. Ce dernier prend
fin au terme initialement fixé.
L'employeur peut-il rompre le contrat de travail
du salarié malade ?
En principe, il est interdit à lemployeur
de licencier un salarié en raison de son état de
santé ou de son handicap, sauf en cas d'inaptitude dûment
constatée par le médecin du travail.
Toutefois, les conséquences de la maladie
peuvent, par exception, constituer une cause réelle et
sérieuse de licenciement. Il en est notamment ainsi lorsque
les absences répétées ou prolongées
du salarié perturbent ou désorganisent la bonne
marche de lentreprise et rendent indispensable le remplacement
définitif du salarié malade. En revanche, si le
contrat de travail du salarié malade comporte une clause
de garantie demploi, lemployeur ne peut en aucun cas
le licencier !
Attention : Pour que le licenciement soit
justifié, le remplacement du salarié doit être
effectif et intervenir dans un délai raisonnable. Dès
lors, si lemployeur fait appel à un intérimaire
ou à un salarié en CDD, le licenciement du salarié
malade n'est pas justifié.
Référence juridique : Les plupart
des règles sont issues de la jurisprudence.
Fiche publiée en partenariat avec le site
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