Le travail de nuit
La loi du 9 mai 2001 relative à l'égalité
professionnelle entre les femmes et les hommes est venue modifier
le cadre juridique du travail de nuit.
Qui est travailleur de nuit ?
Selon la loi, est travailleur de nuit, celui
qui accomplit :
- au moins deux fois par semaine, selon son horaire
de travail habituel, au moins trois heures de son temps de travail
quotidien durant la plage horaire du travail de nuit, c'est-à-dire
entre 21 heures et 6 heures ou entre 22 heures et 7 heures;
- au cours d'une période de référence,
un nombre minimal d'heures de travail.
A noter : Le décret n° 2002-792 du
3 mai 2002 précise qu'en l'absence de définitions
de ces deux notions par une convention ou un accord collectif
étendu, le nombre minimal est de 270 heures de travail
accomplies pendant une période de 12 mois consécutifs.
Comment mettre en place le travail de nuit
?
La mise en place du travail de nuit ou son extension
à de nouveaux salariés est subordonnée à
la conclusion préalable d'une convention ou d'un accord
collectif de branche étendu ou d'un accord d'entreprise
ou d'établissement n'ayant pas fait l'objet d'opposition.
En l'absence d'un tel accord et à condition
que l'employeur ait engagé des négociations sérieuses
sur ce sujet, l'inspecteur du travail peut autoriser l'affectation
de certains travailleurs sur des postes de nuit. Pour obtenir
cette dérogation, l'employeur doit justifier que le recours
au travail de nuit est nécessaire en raison des contraintes
dues à la nature de son activité ou du fonctionnement
de son entreprise.
Important : Les accords collectifs conclu avant
la loi du 9 mai 2001 prévoyant une activité de nuit
doivent, le cas échéant, renégociés
un nouvel accord sur la base des nouvelles dispositions.
Quelle est la durée de travail du travailleur
de nuit ?
En principe, la durée maximale quotidienne
du travail de nuit est de 8 heures. Toutefois, une convention
ou un accord collectif de branche étendu peut déroger
à cette durée et prévoir que celle-ci soit
portée à 12 heures dans les trois cas suivants :
- éloignement entre le domicile et le
lieu de travail du salarié ou entre différents lieux
de travail du salarié;
- activités de garde, de surveillance
et de permanence nécessitant d'assurer la protection des
biens et des personnes;
- activités caractérisées
par la nécessité d'assurer la continuité
du service ou de la production (par exemple dans le secteur sanitaire
et social).
De même, l'inspecteur du travail peut autoriser
une dérogation à cette durée maximale du
travail en cas de circonstances étrangères à
l'employeur, anormales et imprévisibles ou d'événements
exceptionnels. Par ailleurs, lorsque ces circonstances exceptionnels
impliquent l'exécution de travaux urgents, l'employeur
peut déroger à la durée maximale de sa propre
autorité.
Les travailleurs de nuit bénéficient-ils
d'une contrepartie particulière ?
Oui, les travailleurs de nuit doivent bénéficier
de contreparties sous forme de repos compensateur et, le cas échéant,
de compensation salariale (si la durée du travail est dépassée).
Dès lors, une contrepartie sous forme de repos doit nécessairement
exister dans tous les cas !
Les travailleurs de nuit bénéficient-ils
d'une surveillance médicale renforcée ?
Oui, les travailleurs de nuit doivent bénéficier
d'une surveillance médicale renforcée qui doit permettre
au médecin du travail d'apprécier les conséquences
éventuelles du travail de nuit pour leur santé et
leur sécurité (notamment en raison des modifications
des rythmes chronobiologiques) ainsi que les répercussions
sur leur vie sociale.
Référence juridique : Articles
L. 213-2 et suivants du Code du travail, loi n°2001-397 du
9 mai 2001