Les conges payés supplémentaires
légaux
La durée des congés payés
est allongée lorsqu'une partie de ceux-ci (sauf la 5ème
semaine de congés payés) est prise en dehors de
la période légale, c'est-à-dire en dehors
de la période allant du 1er mai au 31 octobre de chaque
année. On parle alors de jours de congés supplémentaires
pour fractionnement.
Quel est la durée du congé
supplémentaire ?
Le salarié qui accepte de prendre une
partie de son congé principal en dehors de la période
légale bénéficie de jours de congé
supplémentaires. En effet, il peut alors bénéficier
de :
- 2 jours ouvrables de congés supplémentaires
lorsque le nombre de jours de congé pris en dehors de la
période légale (1er mai-31 octobre) est au moins
égal à 6 jours ouvrables (5 jours ouvrés)
;
- un seul jour lorsque le congé est compris
entre 3 et 5 jours ouvrables (3 à 4 jours ouvrés).
Par contre, pour 1 ou 2 jours de congés payés pris
en dehors de la période légale, aucun jour de congé
supplémentaire n’est dû.
Si la 5ème semaine de congés payés
est prise en dehors la période légale, des jours
de congé supplémnetaires sont-ils attribués
?
Les jours de congés supplémentaires
pour fractionnement ne concernent pas la cinquième semaine
de congés payés. En effet, les jours de congé
pris au-delà du congé principal ne sont pas pris
en compte pour l’ouverture du droit aux jours de congés
supplémentaires.
Par exemple, si un salarié prend 20 jours
de congé en juillet et les 4 jours restants en novembre
avec les 6 jours de la cinquième semaine, soit 11 jours
au total. Il n’a droit qu’à un seul jour supplémentaire
pour fractionnement car il n'a pris que 4 jours sur son congé
principal en dehors de la période légale (1er mai
au 31 octobre).
A savoir. Le fait qu'une convention collective
étende à 12 mois la période de prise effective
des congés légaux est sans influence sur le droit
du salarié aux congés supplémentaires pour
fractionnement. En effet, la disposition conventionnelle a pour
objet d’allonger la période pendant laquelle les
congés annuels peuvent être pris mais n’a pas
pour effet de priver les salariés des jours de congé
supplémentaires en cas de fractionnement (Cass. soc. 21-05-1996).
Par ailleurs, le droit aux jours de congés
supplémentaires naît du seul fait du fractionnement.
Ce droit est donc acquis même si l’employeur fait
bénéficier les salariés d’un congé
conventionnel plus long que le congé légal. Toutefois,
en pratique, les accords mettant en place les congés conventionnels
prévoient souvent une renonciation du salarié aux
congés supplémentaires pour fractionnement.
L’employeur a t-il le droit de
refuser au salarié ses jours de congés supplémentaires
?
En principe, les jours de congés supplémentaires
sont obligatoirement dus et ce, que le fractionnement ait été
proposé par l’employeur ou demandé par le
salarié.
Toutefois, en pratique, l’employeur peut
soumettre son accord à l'attribution du congé hors
période légale à condition que le salarié
concerné renonce au bénéficie des jours supplémentaires
pour fractionnement. C’est à l’employeur d'apporter
la preuve de la renonciation du salarié au bénéfice
des jours de congés supplémentaires.
Remarque. Cette renonciation doit résulter
soit d’une convention collective ou d’un accord d’établissement
; soit d’un accord écrit du salarié (renonciation
expresse). En effet, il est prudent que l’employeur obtienne
du salarié une renonciation écrite individuelle
aux jours de congés supplémentaires pour fractionnement.
La renonciation du salarié doit être expresse et
individuelle (Cass. Soc. 19-07-1986).
Les jeunes salariés bénéficient-ils
de jours de congés supplémentaires ?
Les jeunes travailleurs et apprentis âgés
de moins de 22 ans au 30 avril de l’année en cours
et n’ayant pas travaillé pendant toute l’année
de référence ont droit à leur demande à
un congé de 30 jours ouvrables et ce, quelque soit leur
ancienneté dans l'entreprise.
Toutefois, ce congé n’est indemnisé
que partiellement. En effet, les jours de congés dont bénéficient
les jeunes salariés en plus de ceux "réellement"
acquis au cours de la période de référence
ne sont pas indemnisés. Les jeunes salariés ne perçoivent
qu'une indemnité correspondant aux jours de congés
acquis au cours de la période de travail effectif. Ainsi,
par exemple, au 30 avril, un jeune salarié peut bénéficier
de 30 jours de congés mais il ne sera indemnisé
que pour 8 jours si son contrat de travail a débuté
le 1er février.
Enfin, pour préparer les épreuves
du diplôme ou du titre prévu par le contrat d’apprentissage,
l’apprenti bénéficie d'un congé supplémentaire
indemnisé de 5 jours ouvrables, devant être pris
dans le mois précédant les épreuves.
Les jeunes mères de familles bénéficient-elles
de jours de congés supplémentaires ?
Les femmes salariées ou apprenties âgées
de moins de 21 ans au 30 avril de l’année précédente
bénéficient de 2 jours de congé supplémentaires
par enfant à charge de moins de 15 ans au 30 avril de l’année
en cours.
Remarque. Un enfant à charge ouvrant droit
à congé supplémentaire est un enfant de moins
de 15 ans vivant au foyer de la salariée (mariée
ou célibataire) et dont elle assume la charge effective
et permanente.
Ce congé supplémentaire s’ajoute
au congé légal de 30 jours. Il est réduit
à 1 jour si le congé légal n’excède
pas 6 jours.
Si la salariée bénéficie
d'un congé conventionnel plus long que le congé
légal, elle ne peut pas cumuler le congé supplémentaire
de jeune mère de famille avec ce congé conventionnel.
Références juridiques : Articles
L. 223-8 et svts du code du travail
Fiche publiée en partenariat avec le site 