Les sanctions disciplinaires
Une sanction disciplinaire est une mesure prise
par l'employeur à la suite d'agissements du salarié
qu'il considère comme fautifs. Toutefois, avant d'infliger
une sanction au salarié, l'employeur est tenu de respecter
une procédure spécifique.
Quelles sont les sanctions disciplinaires autorisées
?
La sanction disciplianire est une mesure prise
par l'employeur ayant des conséquences sur la présence
du salarié dans l'entreprise, sa carrière, sa fonction
ou sa rémunération (sauf pour l'avertissement). Il
peut s'agir d'un blâme, d'une mise à pied, d'une rétrogradation,
d'une mutation ou même d'un licenciement pour faute. En revanche,
les observations verbales ne sont pas considérées
comme des sanctions disciplinaires.
En principe, dans les entreprises de plus de 20
salariés, le réglement intérieur doit fixer
la nature et l'échelle des sanctions applicables dans l'entreprise.
Quelles sont les sanctions disciplinaires interdites ?
Un certain nombre de sanctions ne peuvent être
infligées par l'employeur au salarié. Il s'agit notamment
:
- des amendes et autres sanctions pécuniaires
directes (en revanche, une baisse de salaire suite à une
mise à pied est autorisée);
- des sanctions prises en considération
de l'origine, du sexe, des moeurs, de la situation de famille, de
l'appartenance ou de la non-appartenance à une téhnie,
à une nation ou à une race, des activités syndicales
ou mutualistes, des opinions politiques, de l'exercice normal du
droit de grève, des convictions religieuses, de l'apparence
physique, de l'âge, de l'état de santé ou du
handicap du salarié;
- des sanctions prises à l'encontre d'un
salarié ayant exercé sont droit de retrait pour danger
grave et imminent;
- des sanctions prises à l'encontre d'un
salarié victime ou témoin de harcèlement sexuel
ou moral.
Quelle est la procédure à respecter pour infliger
une sanction disciplinaire ?
Avant d'infliger une sanction, l'employeur doit
d'abord vérifier que les délais de prescription ne
sont pas dépassés. En effet, aucun fait fautif ne
peut donner lieu à une sanction passé un délai
de deux mois à compter du jour où l'employeur en a
eu connaissance (sauf en cas de poursuites pénales). De même,
aucune sanction de plus de trois ans ne peut être invoquée
à l'appui d'une nouvelle sanction.
Par ailleurs, avant d'infliger une sanction (sauf
pour l'avertissement), l'employeur doit convoquer le salarié
à un entretien préalable en précisant l'objet,
la date, l'heure et le lieu de l'entretien. Cette convocation, adressée
par lettre recommandée avec accusée de réception
ou remise en main propre contra décharge, doit indiquer au
salarié qu'il a la possibilité de se faire assister
par une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise.
Lors de l'entretien, l'employeur doit indiquer
les motifs de la sanction envisagée et recueillir les explications
du salarié.
La notification de la sanction, elle aussi adressée
par lettre recommandée avec accusé de réception
ou remise en main propre contre décharge, ne peut intervenir,
au plus tôt, avant le surlendemain et au plus tard, un mois
après le jour fixé pour l'entretien. Cette notification
doit obligatoirement indiquer les motifs pour lequels la sanction
est prononcé.
Important : Si la sanction prononcée est
un licenciement, l'employeur doit bien entendu respecter la procédure
propre au licenciement disciplinaire.
Le salarié peut-il contester la sanction disciplinaire
?
Le salarié qui souhaite contester la sanction
qui lui a été infligée par l'employeur peut
saisir le conseil de prud'hommes. En effet, le juge du conseil de
sprud'hommes est le seul compétent pour apprécier
la régularité de la procédure disciplinaire
et pour déciser si les faits reprochés au salarié
justifie la sanction infligée. Si tel n'était pas
le cas, le juge a la possibilité d'annuler la sanction (sauf
si la sanction est un licenciement disciplinaire car les règles
sont dans ce cas différentes).
Références juridiques : Articles
L. 122-40 à L. 122-47 du Code du travail