De l’ ESPRIT D’EQUIPE au DROIT à
l’ ERREUR
« La leçon de foot »
De la victoire Marseille-Newcastle à la
défaite Marseille-Valence, tirons quelques leçons
pour les équipes de votre entreprise.
Qu’est-ce qui crée le sentiment
d’appartenance à une équipe comme l’OM
?
La compétence technique ? L’engagement
physique des joueurs ? L’enjeu pécuniaire ? Certes.
Les nier serait « fausse barbe ». Mais, pour l’heure,
chaussons d’autres paires de lunettes.
Marseille-Newcastle : c’est la solidarité défiant toute volonté de gagner seul. C’est
la stratégie du « plus fort »,
prévalant celle du « tuer l’adversaire ».
C’est un entraîneur, José Anigo, fédérant
l’équipe à partir d’une culture
identitaire forte : « J’ai mouillé
mon maillot OM », un leader créant l’ambiance
et la convivialité pour atteindre des résultats,
se centrant sur les moyens de réussir plus que sur la peur de l’échec, exerçant
son autorité avec souplesse et flexibilité en tenant compte des compétences et des motivations de
chacun pour constituer l’équipe et fixer à
chacun des rôles précis. C’est
aussi un vrai coach, humble, qui sait se mettre au diapason de ses joueurs pour être crédible.
Marseille-Valence nous signifiera que rien n’est jamais
acquis, que l’échec est un « stimulus » si nous savons reconnaître que nous ne savons pas
et qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre.
Et dans vos entreprises ? S’inspirer
de l’esprit d’équipe de l’ OM vous parle-t-il
?
J’imagine … chaque « joueur
» de l’entreprise prêter main forte à
des collègues d’autres services pour livrer le client
à l’heure. Qui a dit :
« L’intelligence collective est toujours supérieure
à la moyenne des sommes individuelles de ses membres ?
»
J’imagine … des salariés chasser les langages
séparateurs et les querelles de fiefs et ainsi hisser le
client au sommet de la pyramide hiérarchique.
J’imagine encore … des leaders faisant partager des
valeurs donnant le « sens client »,
encourager « le plaisir de faire quelque chose ensemble », négocier les moyens d’atteindre
les objectifs, mettre « the right man on the right
place », déceler les compétences
et les faire évoluer, inciter la compétition entre
équipes mais sous l’égide de la collaboration et ériger en principes d’action : « Vous avez le droit de faire des erreurs. Vous avez le devoir de
les dire. Nous corrigerons ensemble » … Car
l’échec de Marseille contre Valence sera, souhaitons-le,
une opportunité éducative de progrès …
Car pour apprendre à marcher, il faut une volonté
et cela présuppose de tomber.
J’imagine enfin, des entreprises qui recruteraient des «
encadrants » en privilégiant le critère « humilité ». José Anigo est
écouté, pas Narcisse.
Droit à l’erreur, Humilité : deux conditions
de l’apprentissage, sans quoi nous risquons de devenir ce
que Chris Argyris appelle : « des habiles incompétents ».
A l’heure où le sport national favori
semble être d’accuser l’autre ou les autres,
l’entreprise dénonce les murs de béton qui
séparent les fonctions en citadelles, souvent en guerre
les unes contre les autres. Aussi a-t-elle recours au management
par projet qui transcende les fonctions traditionnelles
et les hiérarchies de pouvoir. Des expériences ont
donné quelques résultats. Cependant, beaucoup rencontrent
des difficultés à se construire et, pour celles
qui réussissent, ne récoltent que « les fruits
qui pendent au bas de l’arbre ». Les citadelles, fruits
d’une éducation nationale basée sur la compétition
individuelle et sur le « compartimentalisme » du savoir,
sont en effet dans nos têtes. Il convient de changer notre
façon de penser trop fragmentaire, de prendre l’hélicoptère
et d’aider chacun, individuellement, à percevoir
en lui ses freins et sa volonté de comprendre l’entreprise
et de choisir d’y adhérer, sans se travestir, sans
y perdre son âme.
Notre Dame de la Garde, notre « bonne mère »,
Veillez sur nos équipes !
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