| En quête de formation
Comme chaque année, l’Insee, accompagné
par le Centre d’Etudes et de Recherche sur les Qualifications
(Cereq) et la Direction de l’Animation de la Recherche,
des Etudes et des Statistiques (Dares), publie les résultats
de son enquête Formation Continue (2006) en complément
de son enquête emploi (1). A cet effet, 17656 personnes
âgées de 15 à 65 ans et ayant terminé
leurs études initiales ont été interrogées.
En résumé, deux années après la mise
en place de l’Accord National Interprofessionnel de 2003,
appliqué en 2004, les réformes qui visaient à
donner au salarié les moyens de devenir, avec son employeur,
co-acteur de sa formation, sont encore loin des pratiques.
En effet, le plus souvent c’est l’employeur
qui est à l’origine du départ en formation
des salariés. Ainsi six formations sur dix, suivies pour
des motifs professionnels, le sont à l’initiative
de l’employeur. La pratique est plus fréquente dans
le privé (69% des formations suivies) que dans le public
(53%). A ce sujet ce sont justement les salariés de ce
dernier secteur qui accèdent plus fréquemment à
la formation que ceux du privé : respectivement 53% et
41% pour un taux moyen d’accès de 44% à une
formation lors des douze derniers mois précédent
l’enquête.
Coté inégalité d’accès
les grands indicateurs ne bougent pas. Plus l’entreprise
est grande plus les salariés accèdent à la
formation continue. Ainsi dans le secteur privé, 53% des
salariés en bénéficient dans les entreprises
de plus de 1000 salariés, tandis qu’ils ne sont plus
que 29% dans les entreprises de moins de 10 salariés. Coté
secteur professionnel ce sont les salariés employés
dans l’administration publique, le secteur de l’énergie,
de l’action social et de la santé qui accèdent
largement à la formation professionnelle continue. A l’opposé,
les salariés sont moins fréquemment formés
dans le commerce, la construction, l’hôtellerie et
la restauration. Paradoxalement trois secteurs en tension en matière
de recrutements. Question sous-jacente :est-ce le manque de formation
qui génère ce turn-over ou ce turn-over qui incite
les employeurs à ne pas les former ?
Autre indicateur tendanciel et inamovible : parmi
les salariés, ce sont les cadres qui recourent le plus
à la formation continue : six cadres sur dix ont suivi
une formation dans les douze derniers mois, contre trois ouvriers
sur dix. Attention toutefois, cette pratique de la formation est
aussi à évaluer à l’aune de l’entrée
dans la vie active. Ainsi prés des deux tiers des salariés
entrés sur le marché du travail au cours des cinq
dernières années ont suivi une ou plusieurs sessions
de formation, contre un tiers des salariés ayant plus de
trente ans d’ancienneté. Rappelons aussi que les
formations suivies par les salariés sont majoritairement
de courtes durées. Ainsi, un dixième des formations
suivies durent au plus trois heures et un peu plus de la moitié
ne dépassent pas 20 heures.
Deux derniers points qui démontrent qu’il
reste encore beaucoup à faire.
D’abord la connaissance des droits individuels
à la formation professionnelle reste toujours lacunaire.
En 2006, 41% des personnes interrogées disent avoir «
entendu parler » du Congé Individuel de Formation
(CIF) introduit en …1983. 39% disent « connaître
» la Validation des Acquis de l’Expérience
(VAE) quant à elle apparue en 2002. Et seuls 33% connaissent
également le Droit Individuel à la Formation (DIF)
instauré en 2004.
Enfin ce qui est visé par les salariés
à travers la formation est, pour 77% d’entre eux,
l’acquisition de nouvelles compétences pour se maintenir
à niveau dans son emploi. En revanche, obtenir un autre
emploi reste un objectif secondaire. Seuls 5% des salariés
en formation le citent comme motif.
En d’autres termes, cette arme de réduction
massive du chômage qu’est la notion de flexécurité
reste encore, chez nous, un concept bureaucratique qui ne connaît
simplement aucune réalité pratique.
Charlie
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(1)
Se former en cours de vie active – Insee Première
– Mai 2009
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