Débat université-emploi: le
rapport détape formule 7 mesures durgence
et 21 propositions
La commission du débat national université-emploi,
présidée par Patrick Hetzel, remet aujourd'hui,
jeudi 29 juin 2006, son rapport d'étape à Gilles
de Robien, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche, et François Goulard,
ministre délégué à l'Enseignement
supérieur et à la Recherche. Elle formule 7
"mesures d'urgence" et fait 21 propositions pour
améliorer l'orientation, la professionnalisation et
l'alternance et "place l'étudiant au centre de
sa réflexion". "C'est maintenant aux ministres
de décider quelles mesures doivent être mises
en uvre", assure Patrick Hetzel, recteur de l'académie
de Limoges. Dominique de Villepin, Premier ministre, a déjà
annoncé hier la mise en place "sans délais"
d'un "service public de l'orientation" et d'une
"formation en langue étrangère, en informatique
et en préparation à la recherche d'emploi"
pour tous les nouveaux bacheliers ainsi que la nomination
de Pierre Lunel comme délégué interministériel
à l'orientation (L'AEF du 28/06/2006, 66582). Près
de 20 000 personnes ont participé au débat depuis
son lancement le 25 avril dernier.
La commission part d'un triple constat: le taux d'échec
pour l'entrée dans l'enseignement supérieur
atteint 20%; trois ans après leur sortie, 11% des diplômés
de l'enseignement supérieur sont au chômage;
les étudiants français éprouvent des
craintes au sujet de leur avenir et ont très peur de
la déqualification de leurs diplômes et de la
précarité. La commission souligne qu'il n'y
aura "pas de réforme à moyens et idées
constants. Il faudra investir davantage dans l'enseignement
supérieur mais il faut être certain que l'argent
investi sera utilisé de façon la plus efficace
possible." Les préconisations du rapport d'étape
s'inspirent des "bonnes pratiques" que la commission
a décelées dans les universités. "Pour
certaines, il faut passer de l'expérimentation à
la généralisation", souligne Patrick Hetzel.
LES SEPT MESURES D'URGENCE
Proposer 5 000 places en filières STS et en IUT à
compter du 15 février 2007 afin de permettre des réorientations
fait partie des sept mesures d'urgence proposées. "Cela
nécessite que soit mis en place à la fin du
premier semestre, obligatoirement pour tous les étudiants
qui n'ont pas la moyenne et de manière volontaire pour
les autres, un entretien individuel d'évaluation et
d'orientation", souligne le rapport. Le rapport préconise
également d'arrêter pour la fin de l'année
2006 un dispositif réglementaire privilégiant
l'accès des départements tertiaires d'IUT aux
bacheliers technologiques tertiaires et de mettre en place
des parcours spécifiques de soutien pour les bacheliers
de l'enseignement professionnel. Autre "mesure d'urgence":
mettre en place un accompagnement individualisé des
jeunes sortis sans diplôme de l'université depuis
trois ans, sous forme d'un entretien dans le cadre de leur
université et d'une mise en contact avec des employeurs
potentiels.
La commission souhaite en outre que dès la campagne
d'inscription 2007, les universités aient l'obligation
légale d'informer des taux de succès des formations
dans le dossier d'inscription de l'étudiant. Elle préconise
en outre la mise en place dans chaque université d'une
direction des stages, des emplois et des carrières
qui disposera de l'appui d'étudiants moniteurs. La
création d'une commission de l'enseignement professionnel
post-baccalauréat au sein de chaque académie
fait également partie des "mesures d'urgence".
LES PROPOSITIONS
Pour "améliorer l'information et l'orientation",
le rapport d'étape propose la création dans
chaque université pour le 1er septembre 2007 d'un observatoire
des parcours des étudiants et de leur insertion professionnelle,
sur le modèle de celui de l'université de Marne-la-Vallée.
La commission souhaite également la mise en place "d'un
dispositif d'accompagnement personnalisé vers la vie
professionnelle" pour les étudiants diplômés
en 2006. Cette initiative pourrait associer localement les
universités volontaires, le service public de l'emploi
et les branches professionnelles. L'AFIJ (Association pour
faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés)
pourrait se voir déléguer la gestion opérationnelle
de cette opération.
La commission veut également rendre les dénominations
des diplômes universitaires compréhensibles pour
les étudiants et les recruteurs. "Il existe aujourd'hui
10 000 dénominations différentes dont certaines
manquent parfois de clarté", affirme Patrick Hetzel.
Le rapport d'étape prévoit également
la fusion des masters professionnels et recherche.
PROJET PROFESSIONNEL
Autre proposition concernant la professionnalisation: rendre
obligatoire dans toutes les licences un module "projet
professionnel" personnalisé pour 2007-2008 ainsi
que l'acquisition de compétences de base dans la maîtrise
d'une langue vivante, de l'informatique et de la bureautique
ainsi que dans la recherche d'emploi. Le rapport d'étape
met en avant une augmentation du nombre de professeurs associés
issus du monde professionnel et la facilitation de l'élaboration
d'annuaires des anciens étudiants et de banque de données
de CV. La commission propose en outre que chaque étudiant
qui le souhaite puisse suivre un parcours professionnalisé
en troisième année de licence.
Concernant l'alternance, la commission Hetzel souhaite l'augmentation
de 10 000 du nombre de places pour des étudiants apprentis
à l'université en 2007-2008 et l'expérimentation
de ce type de formation pour les licences générales
en droit, lettres et sciences humaines. Favoriser les étudiants
qui travaillent en permettant d'exclure les revenus liés
à cet emploi dans le calcul du plafond d'éligibilité
pour les bourses de l'enseignement supérieur et inciter
les universités à développer des dispositifs
qui permettent de combiner études et travail à
temps partiel font également partie des pistes évoquées.
"La mise en uvre de ces mesures par les universités
pourra se faire dans le cadre de la contractualisation avec
l'État", affirme Patrick Hetzel. Le rapport final
est attendu fin octobre 2006.
Réagissez et échangez autour
de ce sujet sur le forum
de discussion
Source :
www.L-aef.fr
Conformément au code sur la propriété
intellectuelle, toute reproduction ou transmission, de cette
dépêche est strictement interdite, sauf accord
formel de L'AEF.