Juridique Projet de loi de modernisation sociale
Les 24 et 25 avril prochains annonceront-ils le
"droit à l'information des représentants du personnel dans le
cadre du licenciement" ? La question sera débattue lors de ces
deux journées, à l'occasion de l'examen du projet de loi de modernisation
sociale au Palais du Luxembourg. Dans sa rédaction, l'article 32 de
cette loi fait peser sur l'employeur une obligation de consultation
du comité d'entreprise préalablement à la prise de toute mesure dont
la mise en oeuvre modifierait les conditions de travail ou d'emploi
des salariés. Un examen qui tombe à point nommé en cette période de
licenciements chez Danone et Marks&Spencer. Car à l'heure actuelle,
aucune obligation d'information ne pèse sur l'employeur, d'où la -mauvaise-
surprise des représentants du personnel à l'annonce de la fermeture
de leur entreprise. Le vote de la loi par le Sénat à la fin du mois
devrait corriger cet écueil, puisque l'article 32 du projet de loi
pose le principe de l'information des représentants du personnel par
le chef d'entreprise de toute décision incidente sur le sort des salariés.
Le texte devrait surtout permettre aux élus du personnel d'être informés
plus rapidement de la situation de l'entreprise, et de ce fait d'être
plus réactifs. A charge pour l'employeur de la respecter, à moins
de tomber sous le coup des sanctions pénales attachées à l'article
32, à savoir un an d'emprisonnement et/ou 25 000 francs d'amende.
Un semblant d'humanisme qui évitera aux salariés d'apprendre par voie
de presse ou d'e-mail, leur suppression d'emploi, mais qui n'empêchera
pas les PDG de toucher des primes faramineuses (6,8 millions de francs
dans les poches du PDG de Marks&Spencer) pour réalisation des
objectifs stratégiques.
D.S.© DRHActu 13/04/2001

