La méthodologie GPEC se base sur l'analyse des métiers,
des activités et des compétences qui y sont liées.
On procède ensuite à une analyse de la population
selon les métiers exercés, à une identification
des facteurs de changements, et à une analyse prospective
des contenus et exigences du métier. L'entreprise peut alors
procéder à des choix d'actions : mobilité,
formation, recrutement et réorganisation du travail.
A. L'EMPLOI-TYPE /METIER:
L'emploi type désigne "
un ensemble de situation de travail présentant des contenus
d'activités identiques ou similaires, suffisamment homogènes
pour être occupé par un même individu "
(Cereq, 1974) les postes contenus dans les mêmes emplois types
ou métiers nécessitent ainsi les mêmes compétences.
Un emploi type regroupe ainsi plusieurs postes Les fiches ROME de
l'ANPE décrivent ainsi des emplois types. L'entreprise doit
ainsi définir les emplois-types présents chez elle.
Ex : acheteur, auditeur interne
L'analyse fine des facteurs
de changements auxquels les entreprises seront confrontées
(évolution technologique, organisation interne, facteurs
sociaux) permettra de déterminer :

Les
emplois-cibles ou métiers prioritaires : ce sont les emplois
nouveaux nécessitant qui nécessitent de nouvelles
compétences

Les
emplois menacés : appelés à disparaître

Les
emplois sensibles : susceptibles de modifications ou de ou de transformations
à moyen terme.

Les
emplois peu sensibles : dont la configuration à moyen terme
sera globalement similaire.
B. LE REPERTOIRE DES METIERS :
Une fois l'identification des
emplois types faits, l'entreprise doit en établir une nomenclature
ou répertoire des métiers.

Définition
:
Ce répertoire est la liste ordonnée de l'ensemble
des emplois-types, de l'entreprise. Elle vise à fournir une
représentation suffisamment homogènes des emplois-types,
permettant ainsi de faciliter la mise en évidence de familles
professionnelles et de filières de mobilités (passerelles
entre les métiers).
Les emplois types sont regroupés
en familles. Ainsi le contrôleur de gestion appartient à
la famille de l'organisation et contrôle.
Le répertoire se présentera sous la forme d'une liste
de métiers avec leurs intitulés et une définition
rapide de 3-5 lignes pour chaque métier.

Démarche
d'élaboration du répertoire :
Il faut définir
le " champs " du répertoire : la GPEC s'adresse-t-elle
à l'entreprise globalement ou rentre-t-elle dans une démarche
visant des métiers prioritaires ?
Ensuite, il faut définir
la voie d'entrée qu'on souhaite utiliser pour élaborer
ce répertoire. On peut soit :

Partir
des métiers pour les regrouper en familles et en déterminer
les finalités

Soit
partir des finalités pour déboucher sur les familles
et les métiers.
Exemple : produire => production => monteur-cableur.

Elaboration du
répertoire :
Cette élaboration nécessite
:

D'identifier
les métiers à partir du recensement et de la connaissance
des postes concrets ;

Elaborer
les intitulés adaptés faisant référence
au contenu principal du métier.

Proposer
des définitions en 3 à 5 lignes a priori pour chacun
des métiers.

La
validation du répertoire : tous les salariés sont-ils
identifiables à travers le répertoire ?
Enfin,
le répertoire n'a pas en lui-même de vertus gestionnaires
; il constitue un langage de base pour décrire les activités
actuelles et futures, identifier les passerelles de mobilité,
et communiquer en permettant aux salariés de penser en terme
d'identité et de compétences.
C. L'ANALYSE QUALITATIVE ET PROSPECTIVE DES METIERS ET COMPETENCES
:

Quel niveau d'analyse
?
L'entreprise doit choisir quel niveau d'analyse adopter, selon
les objectifs qu'elle vise :

Une analyse synthétique des emplois types sera suffisante
pour communiquer avec les collaborateurs, afin qu'ils se situent
dans l'entreprise ; elle sera aussi suffisante pour l'estimation
des effectifs de chaque emploi type, afin d'éclairer les
politiques de recrutement et de mobilité.

Une analyse détaillée sera nécessaire pour
définir les métiers prioritaires c'est-à-dire
les métiers subissant des transformations majeures ou étant
considérés comme clés pour la vie de l'entreprise
et son développement. Elle sera aussi nécessaire pour
une volonté d'accroître le professionnalisme de chacun
en finalisant l'effort de formation.
Ainsi, quand une analyse
synthétique sera suffisante pour des objectifs de gestion
quantitative des emplois et compétences, une analyse détaillée
sera nécessaire pour une gestion plus qualitative.

Qui fait cette
analyse ?
Un groupe de 6 à 8 personnes sera constitué
pour la description de chaque métier :

Des
titulaires du métier ayant occupé plusieurs postes
de manière à pouvoir prendre du recul par rapport
à leur situation individuelle

Un
ou 2 responsables hiérarchiques N+1 pour leur connaissance
directe de la réalité du contenu du métier

Un
responsable de la fonction personnel chargé d'alimenter l'état
des lieux chiffrés et destiné à devenir le
pilote de la nouvelle approche de la gestion de l'emploi

Un
responsable de la formation pour son expertise en matière
de besoins en formation, mais aussi pour l'associer à une
démarche dont il sera un des principaux destinataires

La
ou les personnes détenant des informations sur les changements
à venir dans l'entreprise

Un
animateur, gardien de la méthode, qui capitalise par écrit
les informations délivrées pendant les réunions.

Sur quoi porte
l'analyse ?
L'analyse quantitative et prospective des métiers
porte avant tout sur les compétences qui y sont liées.
Ainsi, certains appellent cette analyse " référentiel
de compétences ".
Or les compétences sont
abstraites, complexes et multidimensionnelles. Rappelons que Thierry
définit la compétence comme " une capacité
à agir pour obtenir un résultat attendu dans une situation
donnée avec des moyens donnés. Elle s'exprime à
travers la réalisation d'une action et l'obtention du résultat
visé par cette action ". Or, seuls les activités,
moyens et résultats sont directement observables. L'entreprise
s'appuiera donc sur la description de ces activités pour
en déduire les compétences associées au métier.
L'analyse du métier pourra porter ensuite sur 3 espaces temps
: les activités et le travail actuel, le métier tel
qu'il va l'être dans un futur proche en raison d'un changement
programmé à court terme, et la métier au terme
(3/5 ans) dans un processus de transformation en profondeur (facteurs
économiques, techniques, sociaux ou organisationnels).
L'analyse portera enfin sur les données socio-économiques
de la population concernée : effectifs par sites si l'analyse
porte sur plusieurs établissement, répartition par
sexe, structures par tranches d'âges, répartition par
ancienneté, dispersion sur les classifications, niveaux de
formations initiales et continues.

Description des
activités et déduction des compétences nécessaires
:
L'EMPLOI FUTUR.
Les activités d'un métier ne
peuvent se résumer à leur simple technicité.
Le résultat d'une action est aussi le produit d'une efficacité
collective, issue du traitement des informations et d'actions de
communications avec des interlocuteurs divers.
La contribution économique quant à elle, exprime une
préoccupation transversale aux 3 autres : elle indique et
mesure (quand c'est mesurable), l'impact économique de l'activité.
De ces activités, l'entreprise déduira les compétences
associées, en tant que savoirs, savoirs-faire et savoirs-être.
Exemple : un chargé de recrutement :
Axe technique
: construire le profil de poste, définir un plan d'acquisition
des candidatures, utilisation et interprétation de tests
psychotechniques, mener des entretiens, rédiger des notes
de candidatures.
Axe informations à traiter : informations
venant de l'entreprise et du contenu du poste ; informations concernant
le marché de l'emploi ; informations concernant les formations
existantes.
Axe communications relations : communication
avec les écoles, l'ANPE, L'APEC ; communication avec les
services nécessitant de nouveaux collaborateurs ; communication
avec les candidats sur le poste.
Axe contribution économique
: sa contribution économique se traduit selon le coût
de l'acquisition des candidatures (annonces passées, lien
avec les écoles). Il se traduit aussi dans la sélection
des candidats : un mauvais candidat peut coûter cher à
l'entreprise. Enfin, un délai trop long dans la recherche
d'un nouveau collaborateur peut aussi coûter à l'entreprise.

Présentation
du référentiel métier :
Voici la présentation
d'un métier au sein du référentiel métier
:

Analyse
de la population associée au métier (données
socio-économiques).

Analyse qualitative du contenu du métier (description des
activités selon les 4 axes, déduction des compétences
nécessaires).

Analyse
prospective du contenu et exigences du métier ( identification
des facteurs de changement, repérages des conséquences
sur le contenu du métier, identification de l'impact sur
les activités et compétences futures du métier).

Identification
des pistes d'actions pour l'adaptation des compétences aux
besoins

Traduction
opérationnelle et communicante pour la hiérarchie
et les salariés (cible de professionnalisation).
D. LA MISE EN PLACE D'ACTIONS :
Une fois les écarts
et besoins futurs identifiés, l'entreprise doit procéder
à la construction et la mise en place d'un plan d'actions.
Nous partirions des actions collectives pour aboutir aux actions
individuelles menées avec les salariés.

Mobilité
interne :
Si les écarts constatés se portent
sur des écarts quantitatifs (le métier se développe
ou au contraire se restreint), l'entreprise doit mettre en place
une politique de mobilité. Pour cela, elle doit identifier
les métiers possédants des compétences transversales.

Plan de formation
:
Une fois les effectifs correspondant aux besoins, des écarts
existent encore entre compétences acquises et compétences
nécessaires ; les compétences ainsi indispensables
doivent être dispensées lors de formations.
De
même, un métier qui évolue sans voir ses effectifs
varier nécessite la mise en place d'un plan de formation.
Enfin, les collaborateurs reclassés auront aussi besoin d'une
formation à leur nouveau métier.

Recrutement :
Si les nouvelles compétences requises ne sont pas présentes
ou transférables aux collaborateurs actuels de l'entreprise,
l'entreprise doit procéder à un recrutement externe.
S'il s'agit d'une création de poste, l'entreprise doit procéder
à une définition du poste, voir à une nouvelle
fiche métier si le poste ne correspond à aucun métier
présent.

Restructuration
:
Si les effectifs d'un métier sont amenés à
être réduits et qu'il n'y a pas de possibilité
de reclassement au sein de l'entreprise, l'entreprise doit prévoir
un plan de restructuration.

Entretiens annuels
d'évaluation :
L'entretien annuel d'évaluation
permet de suivre la personne dans son niveau de compétences,
ainsi que dans les compétences qu'il peut développer.
Un collaborateur peut être ainsi pressenti pour un autre poste.
Ici, c'est l'entreprise qui " chasse " les collaborateurs
pouvant correspondre à d'autres postes.
L'entretien annuel peut aussi détecter des écarts
entre les compétences du collaborateur et les compétences
requises au poste, aujourd'hui ou dan le futur. Une formation peut
alors être prescrite.

Entretiens d'orientation,
bilans de compétence :
Ici, c'est le collaborateur qui
fait le bilan des compétences q'il possède ou peut
développer. Il construit alors un projet professionnel en
vue d'une évolution de sa place dans l'entreprise. Il pourra
alors volontairement postuler à des recrutements internes
de l'entreprise.
La démarche GPEC s'appuie donc
sur une méthodologie coûteuse tant en temps qu'en argent.
Il s'agit d'une démarche fastidieuse qui peut cependant rapporter
à l'entreprise sur le long terme, tant en adaptation qu'au
niveau concurrentiel.
A noter que le ministère de l'industrie et des finances propose
de rembourser de 10 à 50% du budget GPEC, après acceptation
du dossier (mois de juin).