PERFORMANCE ET COMPETENCE

Article rédigé par Christophe Lenesley. En
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Consultant RH de Performance-ITC
Contact : clenesley@e-optima.net
Un modèle insuffisamment exploité.
A l'échelle de l'individu, de l'équipe, du service ou au niveau
global de l'Entreprise et pour des périodes de temps considérées
nous avons l'habitude de mesurer nos Résultats et de les comparer à
des Objectifs. De la même manière les Entreprises sont le plus souvent
dotées d'outils, process et méthodes pour assurer un suivi de l'Activité
et pour la comparer à chaque niveau aux objectifs d'Activité. Si
les contrôles sont pratiqués régulièrement aux différents
niveaux d'encadrement, des mesures correctives ou de développement peuvent
être mises en oeuvre pour optimiser la performance individuelle, celle de
l'équipe, celle du service et c'est donc finalement la performance globale
de l'Entreprise qui semble être suivie et adaptée aux changements.
Le choix des indicateurs (généralement des fonctions de la variable
" Objectif à atteindre ") dépend seulement du niveau de
lecture, individuel ou collectif.
Et pourtant ce modèle développé dans les années
90 et connu sous le nom de HAY Management n'est pas totalement exploité.
Si le modèle HAY relie les Résultats à l'Activité,
l'Entreprise oublie encore trop souvent que l'Activité est
elle-même fonction de la Compétence. Une mesure efficace
de la Performance devrait donc s'exprimer à travers trois catégories
de variables objectivées :
- les Résultats,
- l'Activité,
- la Compétence.
Pour chaque cycle de temps et pour chaque niveau de lecture, il convient
pour ces trois variables de les comparer à des objectifs préalablement
convenus (et évolutifs) afin d'avoir une mesure rationnelle
de la Performance.
Or, si l'enjeu est identifié comme stratégique,
les moyens d'une objectivation de la compétence à chaque
niveau sont ignorés. Les Entreprises se heurtent donc à
une problématique de taille qui relève en général
de la fonction Ressources Humaines :
Comment mesurer rationnellement la compétence
et la comparer à des objectifs aux niveaux individuels et collectifs
?
Qu'observe-t-on ?
La réponse la plus couramment répandue est la constitution de
référentiels de compétences pointus par métier.
La production et l'exploitation de référentiels de compétence
connaissent trois limites majeures :
- les indicateurs sont difficiles à identifier et manipuler,
- les définitions des compétences sont rarement resituées
par rapport à un objectif à atteindre : le niveau attendu
est difficile à fixer sans élément de comparaison.
Lorsque, dans le meilleur des cas, un niveau de compétence optimal est
fixé, cela implique de ré-évaluer ce niveau pour chaque cycle
de temps en fonction des évolutions du marché et de l'évolution
des métiers des collaborateurs
- Enfin, le travail de synthèse à effectuer pour avoir une
vision du niveau de compétence par équipe, par service, par direction
ou au niveau global est si important qu'il est souvent considéré
comme impossible à réaliser et le plus souvent abandonné
Ce travail de longue allène débouche le plus souvent sur la production
d'un document statique, lourd et difficilement exploitable par les opérationnels
pour effectuer le contrôle et le suivi nécessaires sur les objectifs
de compétence alors que ces mêmes opérationnels sont rompus
à le faire pour les Résultats et l'Activité.
Force est donc de constater que cette réponse
à la problématique d'objectivation de la compétence
n'est pas parfaitement satisfaisante dans la plupart des cas.
L'ère de la Performance commence dans le chaos.
Une réponse qui fait ses preuves
Quelle autre réponse les Direction des Ressources Humaines
peuvent-elles apporter aux opérationnels qui leur permette
de MESURER et d'OBJECTIVER les compétences ?
La méthodologie du 360° feed-back, reposant
sur des référentiels de compétence par fonction,
apporte une réponse satisfaisante en terme de mesure.
La démarche est désormais reconnue rationnelle et fiable.
Bien sûr ces référentiels limitent l'analyse des
compétences par métier pour les plus pointues d'entre
elles. Cependant cette méthode permet d'obtenir des données
s'appuyant sur l'observation du collaborateur en situation de travail,
c'est-à-dire lorsque ses compétences sont déployées.
Or justement ce sont elles qui ajoutent de la valeur au travail d'un
collaborateur, d'une équipe ou de l'entreprise. Quelques feuilles
de calcul reprenant les données individuelles peuvent d'ailleurs
aisément permettre d'avoir une vision synthétique aux
différents niveaux.
Pourtant le 360° feed-back " traditionnel
" possède encore des limites :
- La collecte des données peut être longue et fastidieuse
si elle se fait à travers des questionnaires papier.
- Le coût en temps/homme pour la saisie des données collectées
est important et ce travail, bien qu'indispensable, est rébarbatif.
- Les données issues d'une telle démarche demeurent
des valeurs absolue et le problème essentiel de l'objectivation
subsiste.
Les NTIC, et notamment les technologies de l'Internet
permettent de lever ces obstacles :
- En mettant en ligne les questionnaires dans une plate-forme en ASP
intégrée à l'Intranet de l'Entreprise, il est
alors possible de les faire remplir directement par les collaborateurs
concernés, évalués ou évaluateurs.
- La saisie des réponses en temps masqué limite le coût
et optimise la procédure.
- Classées dans une base de données, les réponses
collectées permettent de resituer le niveau de compétence
par rapport au niveau interne de l'entreprise. Par ailleurs , si le
système intégré est ouvert et partagé
par plusieurs entreprises, un benchmark externe des compétences
est alors possible et tient alors compte des évolutions liées
au marché.
Ce type de système est encore rare mais les
offres émergent à mesure que le besoin se définit
plus clairement
Les entreprises ayant expérimentées
cette approche s'en félicitent :
A propos du système déployé
dans la division des ventes indirectes de France Télécom,
le responsable de projet a déclaré que l'expérience,
renouvelée deux années de suite, avait permis de " créer une dynamique positive et factuelle "
lors des entretiens managériaux habituellement consacrés
au seul suivi des Résultats et de l'Activité.
Le Responsable des Formations de Continent Assurances,
dotée du même outil, a pu ainsi définir les besoins
de Formation de ses collaborateurs dans le cadre d'une stratégie
de reconquête du marché sous trois ans. A propos de l'exploitation
des résultats collectifs, il déclarait dans Entreprise
& Carrières (N° 624 - juin 2002) : " Ils nous
ont permis d'identifier six thématiques proches des besoins
de nos collaborateurs et de déterminer, grâce à
un moteur de calcul, des groupes de niveaux homogènes. "
Lorsque la technologie se fait oublier
L'avenir.
Quel est donc l'avenir de ce marché ? Il est en phase de
croissance et les prévisions vont dans le sens d'une diversification
de l'offre. C'est la technologie et les fonctionnalités de
ces outils (notamment les ponts possibles avec le SIRH intégré
de l'Entreprise) qui constitueront les critères de sélection
des compétiteurs, bien sûr, mais également leurs
savoir-faire : de tels outils ne se déploient pas sans un accompagnement
rapproché afin d'éviter les écueils, et ils sont
nombreux
Cela laisse la part belle aux Cabinets de Conseil capables
de réunir lexpertise RH et les compétences techniques nécessaires
à un tel accompagnement aussi longtemps que les Entreprises nauront
pas développé en interne de tels outils de Management des Ressources
Humaines. Faire appel à un conseiller externe permet par ailleurs souvent
la prise de recul utile au succès dun tel déploiement.

