Les NTIC
et la gestion des compétences rares
dans le secteur des Télécoms
FTM en évolution
rapide
dans un contexte concurrentiel
Comme tous les opérateurs de téléphonie mobile,
France Télécom Mobiles (FTM), celui du Groupe France Télécom (FT),
est impacté par l’évolution du marché des Télécoms. Cette évolution
se caractérise notamment aujourd’hui par la convergence « Mobile
/ Multimédia » et par la multiplication sur le marché d’acteurs
de plus en plus présents, voire « agressifs ». Pour conserver
son leadership, l’opérateur mobile se devait d’intégrer rapidement
dans son cœur de métier certains savoir-faire de l’Internet pour proposer
des produits et des services innovants, anticipant ainsi sur l’offre
des concurrents.
FTM et la rareté
de « main-d’œuvre » qualifiée
Pour piloter le développement de ces nouvelles
activités, l’opérateur mobile ne pouvait s’appuyer sur des compétences
internes clairement identifiées. En effet, les activités liées à l’Internet
étaient au départ en dehors du cœur de métier de FTM. Sur le marché
de l’emploi externe, FTM a du faire face, comme tout annonceur du
domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication
(les NTIC), à la rareté de « main d’œuvre ». L’irruption
de l’Internet et du Multimédia a donc confronté très tôt les managers
et la DRH de FTM à la problématique de pénurie de compétences.
FTM et la problématique
des compétences rares
Devant l’indisponibilité interne comme externe
de « main d’œuvre » qualifiée, l’opérateur mobile a dû réagir
face à un marché de compétences rares. Pour relever les défis de l’Internet
et du Multimédia, FTM a cherché à adapter rapidement les compétences
de ses salariés. Après un tour d’horizon « empirique » des
compétences des salariés de leurs équipes, les managers ont
du trouver très vite, avec le soutien de la DRH, des réponses à leurs
questions : Qui former, et à quoi ? Qui réorienter vers
d’autres métiers, et pourquoi ? Qui recruter, et comment ? Et
à quelle échéance ?
La gestion des compétences à FTM
et la problématique des référentiels
FTM a adopté depuis plus de trois ans une démarche
de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC).
Cette démarche a permis d’établir une première cartographie des
métiers existants et des compétences-type associées. Toutefois,
dans l’environnement mouvant caractérisant l’activité des opérateurs
en téléphonie mobile, les métiers évoluent constamment. FTM s’est
ainsi trouvé confronté d’une part à une problématique de mise
à jour de ses métiers, et d’autre part à une obsolescence rapide
de toute cartographie.
Dans le contexte de rareté évoqué ci-dessus,
la DRH de FTM, dans son souci d’adaptation des compétences des salariés aux
métiers émergents, s’est heurtée aux problématiques suivantes:
- Compte tenu du temps nécessaire à la création de référentiel
« métiers », comment cerner rapidement pour les activités
émergentes, le référentiel des compétences requises ?
- Comment répertorier les compétences existantes des salariés
en poste, en évitant le travail considérable de saisie, de codification
et de mise à jour de ce type de référentiel ?
- Comment détecter les salariés dont les compétences existantes
correspondent peu ou prou aux compétences requises ?
Le recours aux NTIC pour optimiser
la gestion des compétences à FTM
Les NTIC appliquées aux Ressources Humaines permettent
de reconsidérer totalement l’approche de GPEC. La logique « client-serveur »
abolit les limites des anciens systèmes, fermés et non-communicants.
Cette logique permet, par la décentralisation de la gestion des
données (saisie, stockage, mise à jour), de fragmenter les problématiques
des référentiels (compétences existantes, compétences requises),
tout en permettant une vision globale au niveau de la DRH centrale.
Il devient aujourd’hui possible de gérer les référentiels en « juste
à temps » tout en étant le plus proche possible de la réalité
des opérationnels. Ainsi, le référentiel des compétences requises
se modélise « a posteriori » selon les impératifs des
managers (dictés par les orientations stratégiques) et non plus
« a priori » en fonction d’un référentiel des métiers
pré-existant.
C’est cette approche que FTM a choisi de matérialiser
pour gérer les compétences rares, prioritairement au service des
managers de deux Directions (domaine commercial et technique), particulièrement
impactées par l’émergence de l’Internet et du Multimédia dans les
Mobiles.
La démarche-projet conduite
par la DRH de FTM :
le manager au cœur du processus
Au préalable, le souhait de la DRH de FTM était
de s’équiper d’un outil informatique :
- facile à implémenter en amont et simple d’utilisation
en aval,
- décentralisé pour en favoriser le pilotage par les managers.
Un groupe-projet a été constitué pour exprimer
les besoins précis de la DRH de FTM et pour superviser la mise en
œuvre d’un outil répondant à la problématique de gestion des compétences
rares. Le résultat de l’analyse fonctionnelle a indiqué principalement
que l’outil devait permettre aux managers :
- De répertorier les compétences requises pour
les activités émergentes ;
- De cerner les compétences existantes des salariés ;
- D’évaluer l’écart entre :
- les compétences existantes,
acquises par les individus ;
- les compétences requises pour mener à bien les activités émergentes (Multimédia)
;
- De faciliter les prises de décision selon qu’il leur est
nécessaire :
- d’acquérir de nouvelles compétences (décision de
recrutement)
- de développer les compétences existantes des salariés (décision de
formation)
- de valoriser des compétences existantes (décision de gestion
de carrière).
Il a été décidé que le déploiement de l’outil retenu
s’effectuerait à FTM en deux étapes successives:
- Première étape : constitution du référentiel
des compétences requises ;
- Seconde étape : constitution du référentiel des compétences
existantes.
La Gestion Instantanée
des Activités et des Compétences
(G.I.A.C.)
La solution développée pour le compte de la DRH
de FTM s’appuie sur le modèle de gestion des compétences conçu par
la société de conseil Kioskemploi, la « G.I.A.C. » (Gestion
Instantanée des activités et des Compétences).
La G.I.A.C. s’approprie
la finalité ultime de la GPEC en la positionnant comme un pré-requis :
pour être opérationnel, l’outil doit faire vivre les orientations
stratégiques de l’entreprise, tout en prenant en compte les individus
dans tout ce qu’ils ont de non-prédictible. A ce titre, la G.I.A.C. a
pour ambition d’administrer les transactions entre l’Organisation
et les individus qui la composent avec un langage commun, celui des
compétences.
Avec la G.I.A.C., les référentiels de compétences
se constituent au rythme des besoins des utilisateurs ; concernant
les managers, le référentiel des compétences requises se formalise
en fonction de leur traduction opérationnelle des orientations stratégiques
et de leur propre appréhension des activités émergentes. Concernant
les salariés, le référentiel des compétences existantes se constitue
à chaque étape de leur carrière : en amont, lorsqu’un salarié
éprouve le besoin de réfléchir à sa trajectoire professionnelle ;
en aval, lorsqu’il envisage un changement dans sa vie professionnelle.
Par conséquent la G.I.A.C. permet de s’affranchir d’un grand
nombre de contraintes classiques liées à la gestion de référentiels,
inhérente à toute GPEC. La G.I.A.C. permet aux équipes dirigeantes
d’avoir une vision instantanée des référentiels de compétences requises
et de compétences existantes, d’en effectuer la comparaison ou d’en
mesurer l’évolution, en fonction des impératifs stratégiques.
La G.I.A.C. au service des managers
La G.I.A.C. propose aux managers de jouer leur
rôle de trait d’union entre les orientations stratégiques (qui avec
l’arrivée de l’Internet ont déterminé les activités émergentes dans
les Mobiles) et les membres de leurs équipes (qui mettent en oeuvre
ces activités en fonction de leurs compétences).
La G.I.A.C. aide
les managers à traduire de façon homogène et standardisée les orientations
stratégiques en mission, activités et compétences requises. Les managers
ont la possibilité de publier cette traduction sous forme d’offres
à venir de profil de compétences. Ils peuvent alors recevoir en interne
la candidature de salariés intéressés par ces offres et dont les compétences
et les aspirations « matchent » avec le profil ; une
passerelle permet de faire également connaître ces offres sur le marché
de l’emploi externe et de susciter des candidatures hors de l’entreprise.
La G.I.A.C. permet aux managers de prendre connaissance du projet
professionnel de chaque salarié de leurs équipes et de cerner avec
plus de finesse leurs souhaits d’évolution, notamment en terme de
compétences. A ce titre, la G.I.A.C. peut être un outil d’aide aux
entretiens annuels d’appréciation. Il permet d’accompagner concrètement
certains salariés dans le cadre de leur développement professionnel
(formation ou gestion de carrière). La G.I.A.C. permet aux managers
de connaître également les compétences de salariés d’autres équipes
et de les comparer avec celles de leurs équipes.
La G.I.A.C.
permet de mesurer l’écart entre les compétences requises et les compétences
acquises par les salariés ; ainsi les managers peuvent prendre
en « juste à temps » les décisions d’action de recrutement,
de formation ou de gestion de carrières afin de maintenir l’équilibre
le plus optimal entre les compétences de leurs équipes et les compétences
requises par les nouvelles activités.
D’expérience à FTM, bien
qu’ils mettent en œuvre un processus empirique de description des
compétences, nous avons constaté que les managers ont parfois quelques
difficultés à formaliser les compétences requises pour les besoins
émergents, du fait de leur manque de référentiel et de connaissances
précises vis à vis des nouveaux domaines, qui ne sont pas, comme nous
l’avons vu, au cœur de leur métier. L’outil autorise les managers
à effectuer une formalisation « floue » et évolutive de
leurs besoins, jusqu’à ce qu’émerge une compétence collective.
L’intérêt de l’outil « G.I.A.C. » réside dans le fait que
le référentiel évolue au fur et à mesure de la connaissance des managers
pour les domaines qui les concernent, par exemple pour l’Internet
ou le Multimédia. Du fait qu’il ne contiendra que les données saisies
par les managers, ce référentiel sera l’expression directe de leurs
besoins immédiats. Ainsi, les managers ne sont plus « prisonniers »
de référentiels figés et obsolètes (par exemple le référentiel « Métiers »
actuel de FTM n’intègrent pas encore les activités liées au Multimédia),
ils sont les acteurs et premiers bénéficiaires des informations qu’ils
renseignent, la mise à jour informatique des données étant instantanée.
Les outils de la G.I.A.C. permettent aux salariés
de construire leur résumé de carrière (similaire à un CV) ;
un portefeuille de compétences acquises (qui dépasse le périmètre
des « postes »); un projet de développement professionnel
matérialisé par l’expression de leurs souhaits d’évolution et de leur
désir de mise en valeur future de ses compétences : acquisition,
développement ou valorisation. Ils disposent d’un module de gestion
des transactions avec les managers. Ces outils accompagnent les salariés
tout au long de leur carrière dans l’entreprise, il leur suffit de
réactualiser les informations les concernant à chaque événement ou
changement professionnel ou extra-professionnel.
La G.I.A.C. apporte
aux salariés une information transparente et concrète concernant la
déclinaison des orientations stratégiques : missions, activités
et compétences requises sur les métiers de demain. Les salariés peuvent
conduire leur stratégie personnelle de développement professionnel
non seulement en positionnant leur profil de compétences acquises
sur les différentes offres de compétences requises mais aussi en « offrant »
sur le marché interne leur portefeuille de compétences. Ils reçoivent
ainsi des propositions d’emploi profilées, en fonction du nombre de
contacts reçus, ils mesurent instantanément l’écart entre ce que l’entreprise
attend d’eux et ce qu’ils peuvent apporter à l’entreprise en terme
de compétences.
La G.I.A.C. au service
du Comité Exécutif (COMEX)
Le COMEX peut suivre périodiquement l’évolution
du référentiel de compétences requises, et se faire ainsi une idée
du degré d’appropriation des orientations stratégiques par le corps
social.
Il peut également faire un focus sur certaines compétences
acquises par les salariés pour en évaluer la correspondance avec certaines
compétences cibles, jugées prioritaires vis-à-vis des orientations
stratégiques.
La G.I.A.C. permet aux membres du COMEX de conduire
et de mesurer le changement là où il est le plus utile pour l’entreprise
comme pour le corps social, avec une visibilité accrue sur les compétences
à détenir et réellement détenues par les salariés.
A terme, la
G.I.A.C. permettra la gestion en temps réel des politiques Emploi
et Formation, tout en favorisant la réactualisation des grilles salariales
et des rémunérations.
La G.I.A.C. : Fiche technique
La G.I.A.C. repose principalement sur deux créations logicielles
de la société Kioskemploi :
- A/ une architecture assurant
la gestion bijective* du « workflow » relationnel des utilisateurs ;
- B/ un moteur de recherches thématique fondé sur les compétences.
A/ La « gestion bijective* du workflow relationnel (GBWR)
» se fonde sur le principe que les échanges ou les transactions entre
les utilisateurs ayant un besoin actif sont régis par une loi
de double réciprocité, celle de l’offre ET de la demande. Chaque utilisateur,
quelle que soit sa qualité (manager ou salarié), gère simultanément
une offre et une demande qui lui sont propres, découlant soit de la
stratégie de l’entreprise pour l’utilisateur-manager, soit d’une stratégie
individuelle pour l’utilisateur-salarié (le manager « offre »
un emploi et ses spécificités, il « demande » un profil
de compétences requises ; le salarié « offre » ses
compétences acquises, il « demande » un emploi correspondant
à son projet professionnel). L’objectif de chaque utilisateur en recherche
active est de pouvoir satisfaire sa demande, en échange de son offre.
La demande d’un utilisateur ne peut être satisfaite que s’il satisfait
également par son offre la demande d’interlocuteurs avec qui il cherche
à conclure une transaction. Les utilisateurs peuvent effectuer leur
transaction en préservant leur anonymat.
La GBWR, pour toutes
ces raisons, limite les enjeux de pouvoir entre les utilisateurs.
Les utilisateurs des outils de la G.I.A.C. transitent par un réseau
IP (Internet et/ou Intranet), ils se voient offrir en mode asynchrone
une multiplicité d’interlocuteurs jusque-là inégalée, ce qui engendre
une augmentation des échanges entre utilisateurs. Ces échanges apportent
aux utilisateurs un choix au spectre considérable, ils peuvent accroître
leur exigence quant à la qualité des transactions qu’ils entendent
conclure. La G.I.A.C. apporte à chaque utilisateur la possibilité
d’affiner qualitativement son choix, grâce à la puissance du moteur
de recherches de Kioskemploi, et d’obtenir, sur requête ou par « push »,
toutes les offres correspondant au profil de sa demande.

