Nous avons choisi de traiter un certain nombre d’approches
qui peuvent être mises en œuvre pour tenter d’optimiser le PDF,
c’est-à-dire le rendre plus efficace et améliorer sa qualité.
Cette réflexion nous est parue d’autant plus pertinente que
les 35h ont bouleversé la formation telle que la concevait et
la pratiquait les entreprises. Aujourd’hui, plus que jamais,
elles veulent que le PDF soit rentable.
En fait, ce-dernier ne saurait se limiter à un document résumant
l’ensemble des actions de formation qui vont se dérouler au
cours de l’année ; c’est aussi une démarche de conception
et la mise en œuvre de la politique de formation. Autrement
dit, la formation doit s’inscrire dans le cadre des orientations
stratégiques de l’entreprise, c’est-à-dire dans une logique
managériale d’ensemble.
Par conséquent, ce n’est
pas la qualité intrinsèque de chacune des actions prévues qui
détermine la qualité finale du PDF, mais le degré de convergence
de toutes les actions retenues par rapport aux objectifs prioritaires
de l’entreprise.
Pour assurer ce degré de convergence, le
responsable formation a besoin de procédures et d’outils qui
lui permettent de construire un plan de formation rationnel
et cohérent. En fait, il s’agit de garantir une clarification
de la terminologie employée, une bonne identification du besoin
et sa traduction précise et adéquate en termes d’action pédagogique
afin d’aboutir à l’élaboration d’un plan de formation opérationnel
et répondant aux attentes explicites et implicites des différents
acteurs impliqués.
Ainsi en est-il du responsable
hiérarchique pour qui les compétences développées via la formation
doivent être utiles. Par conséquent, la problématique de la
formation doit être la sienne. Il est donc indispensable qu’il
se l’approprie, qu’il y participe activement.
Pour
ce faire, il doit être aidé par le responsable formation. Outre
son rôle prédominant de conception, le responsable formation
tient donc désormais un autre rôle essentiel : celui d’assistance
auprès des responsables hiérarchiques.
Par ailleurs, le
responsable formation doit tout particulièrement veiller à la
qualité, à la pertinence, des méthodes pédagogiques employées.
Ces-dernières prennent effectivement à l’heure actuelle une
dimension toute particulière en raison du développement remarquable
des nouvelles technologies associé à l’évolution de la demande
émanant des entreprises qui exigent de plus en plus de réactivité
et de formation « sur mesure » pour faire face à de
nouvelles contraintes telle que la RTT.
Cependant, les nouvelles
technologies doivent rester un instrument au service de
la formation. « L’essentiel n’est donc pas dans la technique
de communication elle-même, mais dans l’enrichissement varié
de l’échange pédagogique qu’elle autorise ».
Importance
de contrôler l’avancement du plan de formation et de s’adapter
aux nouveaux besoins. Pour optimiser la comparaison entre le
plan prévu lors de sa conception et la réalité des formations
suivies, le responsable formation doit tenir des tableaux de
bord, permettant de contrôler l’état d’avancement, la situation
budgétaire, et de pouvoir rendre compte à tout moment de l’exécution
du plan puis de compléter plus facilement les déclarations fiscales
telles que la 2483.
Même si un plan est déterminé à priori,
il doit être en mesure de répondre rapidement aux évolutions
imprévues. Le responsable formation souhaitant établir un système
de formation réactif, doit donc mettre en place un plan de formation
« glissant » qui permettra de prendre en compte tous
les nouveaux besoins, individuels ou collectifs, à n’importe
quel moment de l’année et de les intégrer dans le plan en cours
de réalisation.
L’évaluation du plan de formation L’évaluation
peut intervenir à priori du plan de formation avec le recensement
des besoins, puis à posteriori de la formation avec l’évaluation
à chaud et à froid. Certaines entreprises n’ont pas de procédure
d’évaluation. Une systématisation de l’évaluation de la formation
doit passer par un changement des mentalités ou par une prise
de conscience des entreprises de l’importance du sujet. Il est
important de développer un système d’évaluation afin de savoir
si le salarié pourra transposer les connaissances acquises dans
son travail et savoir si ce transfert se traduira par une amélioration
réelle de sa performance.
Trois niveaux d’évaluation pourraient être déterminés :
- l’évaluation de l’acquisition effective de connaissances
et de savoir-faire nouveaux pendant le stage (à court terme)
- l’évaluation du transfert de ces apprentissages dans la
vie professionnelle (à moyen terme)
- l’évaluation de ce transfert sur les performances de l’entreprise
(à long terme)
Selon Alain MEIGNANT, dans son livre « manager
la formation », l’évaluation des savoir-faire est tout
à fait possible, estime que l’évaluation du transfert des connaissances
acquises dans la réalité professionnelle impliquera la subjectivité
de l’évaluateur et enfin, considère que l’évaluation du plan
de formation au niveau global de l’entreprise est impossible
et précise qu’il n’y a pas de solutions pour évaluer la formation
à long terme.
Promotion IRH 2000.
