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Quid des heures supplémentaires défiscalisées ?

Dans le cadre de la loi « travail, emploi, pouvoir d’achat », une mesure phare s’applique aux heures de travail effectuées à partir du 1er octobre 2007.
La mesure prévoie une exonération d’impôt et une réduction des parts patronales et salariales de Sécurité Sociale pour les rémunérations versées au titre des heures supplémentaires.
Elle sera appliquée de façon rétroactive à compter du 1er octobre, par ailleurs un numéro de téléphone sera disponible pour faciliter la mise en œuvre du dispositif : le 08 21 08 00 01

Les heures supplémentaires sont des heures accomplies au-delà de la durée effective hebdomadaire de travail.

Ce que la réforme modifie :

1 - Elle entraîne la disparition anticipée du régime dérogatoire des heures supplémentaires pour les entreprises de 20 salariés au plus

Désormais, pour toutes les entreprises :

De la 36ème à la 43ème heure : + 25 %
Au-delà de la 43ème heure : + 50 %
En contrepartie, pour les entreprises de 20 salariés au +, les employeurs pourront bénéficier d’une réduction forfaitaire des cotisations patronales.

Réduction des cotisations sociales patronales
Les employeurs bénéficiaires de la mesure sont les employeurs rentrant dans le champ d’application de la réduction générale de cotisations patronales Fillon (assujettis au régime UNEDIC).

Ne bénéficient pas de la présente déduction :
• l’État,
• les collectivités territoriales et leurs établissements publics administratifs, scientifiques ou culturels ;
• les chambres de commerce et d’industrie, de métiers et d’agriculture ;
• les particuliers employeurs.

Cette réduction de cotisations sociales patronales ne concerne que les heures supplémentaires, les heures complémentaires ont été délibérément écartées du dispositif par le gouvernement, afin de ne pas inciter les entreprises à recourir davantage au temps partiel.

Cette réduction forfaitaire est cumulable avec la réduction générale des cotisations patronales dite Fillon, ZFU, contrats aidés. Ce cumul s’opère dans la limite des sommes dues par l’employeur aux URSSAF ou à la MSA.
Quant aux versements transport et FNAL, ils restent dus par l’employeur sur l’ensemble de la rémunération du salarié.

Le décret du 24 septembre 2007 fixe les conditions d’application de la réforme :
• Taux maximal de la réduction des cotisations salariales en faveur du salarié ; 21,5%
• Montant de la déduction forfaitaire des cotisations patronales en faveur de l’employeur :
- 1,50 € / heure supplémentaire pour les entreprises employant au + 20 salariés
- 0,50 € / heure supplémentaire pour les entreprises employant + de 20 salariés

2 – Mise en place d’une exonération des cotisations sociales salariales, concernant :
• Les heures supplémentaires
• Les heures choisies
En revanche l’exonération ne s’applique pas :
• à la rémunération afférente aux heures de repos compensateur prises par le salarié en contrepartie d’heures supplémentaires effectuées
• à l’indemnité couvrant les droits à repos compensateur versée lors de la rupture du contrat de travail
• aux sommes issues de la monétisation des droits affectés à un C.E.T (Compte Epargne Temps)
La réduction des cotisations salariales est proportionnelle à la rémunération et elle augmentera d’autant le net à payer du salarié

L’exonération s’applique tant à la rémunération horaire normale de l’heure supplémentaire ou complémentaire qu’à sa majoration dans la limite des taux conventionnels sous réserve d’un plafond :

- 25 ou 50% de majoration pour les 8 premières heures supplémentaires et pour les heures supplémentaires suivantes
- 25% pour les heures complémentaires accomplies par les salariés à temps partiel
- 25% de la rémunération journalière pour les salariés au forfait jour

Le montant de la réduction serait définie dans la limite de :
– taux de 0,75 % au titre de l’assurance maladie;
– taux de 6,75 % au titre de l’assurance vieillesse (part plafonnée de 6,65 %, part déplafonnée de 0,10 %) ;
– taux des cotisations acquittées au titre des régimes complémentaires, variables en fonction de différents paramètres, notamment le statut de cadre ou non : on retient généralement une moyenne de 3,8 à 8,9 % ;
– taux de 2,4 % au titre des cotisations d’assurance chômage ;
– taux de 7,5 % au titre de la contribution sociale généralisée (CSG – 5,10 % pour la CSG déductible du revenu imposable, 2,4 % pour la CSG non déductible du revenu imposable) ;
– taux de 0,50 % au titre de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).
Ainsi, on trouve un montant d’environ 21,50 % qui pourrait constituer le taux de réduction.

En revanche, le cumul de cette réduction avec le bénéfice d’autres dispositions ne peut être autorisé que dans des conditions fixées par décret, ledit décret devant prendre en compte le niveau des avantages sociaux attribués aux salariés concernés de façon à déterminer des solutions équitables.
Il existe en effet une multitude de dispositifs différents de taux réduits ou d’assiettes forfaitaires comme les journalistes professionnels, les artistes du spectacle….

Quels sont les salariés concernés ?
L’ensemble des salariés,
• du secteur privé
• du secteur public (sauf pour les cotisations sociales salariales des régimes spéciaux, pour lesquels la mesure serait transposée selon des modalités à définir et probablement pas pour les professeurs des écoles),
• à temps complet ou
• à temps partiel : nous parlons alors d’heures complémentaires pour les 2 premières heures, puis d’heures supplémentaires, avec un maximum de 10% d’heures supplémentaires
• ceux employés et rémunérés selon un régime de "forfait"
• cadres ou non cadres "autonomes", sous convention de forfait annuel en heures, à raison des heures supplémentaires effectuées au-delà de 1 607 heures sur l’année, ou en jours, à raison des jours de travail qui correspondent à la renonciation à des jours de repos au-delà de la limite annuelle de 218 jours
• salariés ou agents dont la durée du travail n’est pas régie par les dispositions du Code du travail
• salariés travaillant pour des particuliers employeurs

En revanche, les salariés non imposables ne sont pas concernés par la défiscalisation et ne bénéficieront d’aucun crédit d’impôt.

3 – Des fiches de paie plus complexes, de nouveaux logiciels sont nécessaires pour revoir le mode de calcul des heures supplémentaires.

Par ailleurs, le gouvernement a prévu des contrôles stricts pour empêcher que des éléments de rémunération existants soient transformés en heures supplémentaires à moindre coût.
Néanmoins, l’employeur peut tout à fait modifier le contrat de travail avec l’acceptation du salarié.

Source : RH Conseil PME - Mail : RH Conseil PME

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