POSITIONNEMENT ET RECONNAISSANCE
DE LA FONCTION PAIE AU SEIN DES RESSOURCES HUMAINES
Résumé de Mémoire
de 3ème cycle de Nathalie HERMENT: Responsable en Management
et Développement des Ressources Humaines, Université
professionnelle ; Institut de Gestion Sociale ; Paris, 2002-2003
Mail : nathalieherment@yahoo.fr
Voir le CV de Nathalie HERMENT , 12 ans d'expérience, actuellement
en recherche d'emploi en tant que Responsable Adm. du personnel
ou Responsable RH |
La Paie est un vaste sujet dont on parle peu,
rencontrant auprès des entreprises des attitudes de rejet
ou du moins d'indifférence polie. Autrefois considérée
comme " nerf de la guerre " elle est actuellement reléguée
comme une fonction administrative sans valeur ajoutée.
Il est vrai que cette fonction est un centre de coût et
que sa production ne dégage pas de richesse financière,
pour la fonction RH et par extension pour l'entreprise. Elle représente
cependant, en terme de masse salariale, une des premières
dépenses des entreprises. En outre, le domaine d'activité
paie-administration du personnel représente les plus importants
effectifs de la fonction RH (40% des effectifs de la fonction
RH) mais aussi sa première dépense .
Les moyens d'investigations pour réaliser
ce mémoire ont été difficiles. Il y a peu
d'écrit sur la fonction et je souhaitais m'intéresser
au sujet quelle que soit l'activité et les effectifs des
entreprises. J'ai donc réalisé dans un premier temps
une pré-enquête puis une enquête auprès
de professionnels de la fonction (33). Ces derniers ont été
intéressés par le sujet et ont ainsi légitimé
ce sujet du mémoire.
Ce document est composé de quatre chapitres
: l'exercice de la fonction paie, le quotidien de la fonction
paie, Positionnement et productivité, Enjeux et performance.
- Le premier chapitre décrit l'ensemble
des domaines d'intervention et d'activité de la fonction.
L'élaboration du bulletin de salaire est la partie la plus
visible des activités. Ses contraintes règlementaires
en évolution constante, sa composition et structure et enfin
ses rôles nous permettent de l'appréhender complètement.
L'univers de la paie n'est pas homogène.
Certaines entreprises, en fonction de leurs spécificités,
ont des paies dites complexes : organisation multi-sites, existence
d'horaires variables, d'heures supplémentaires, de CC différentes
et/ou difficiles à appliquer, de types de contrats de travail
différents, de typologies de populations employées
diverses (production, commerciale...). Outre cette complexité,
la gestion de la paie requiert une expertise pointue qu'il convient
d'actualiser en permanence. Les assujettissements intégrés
à la paie, les assiettes de cotisations, les charges, les
régimes de prévoyance et les nombreux collecteurs
sont autant de sujets nécessitant une réelle expertise
réglementaire et une veille juridique primordiale.
En aval du bulletin, la base de données
de la paie est une source potentielle de chiffres. Ces données
peuvent être utilisées par l'entreprise comme de véritables
outils de navigation. La paie devient donc par ce biais un outil
de gestion et de prévision.
Depuis 15 à 20 ans d'importantes modifications
structurelles ont complètement fait évoluer l'univers
de la fonction. L'automatisation complète d'une partie de
la technique et la dématérialisation en particulier
des paiements sont les conséquences d'une informatisation
omniprésente. Les compétences informatiques demandées
aux acteurs de la fonction deviennent indispensables.
Les recrutements de ces derniers peuvent être
difficiles et délicats, en particulier par le manque de véritables
formations initiales. L'expérience prime mais au vu des petites
annonces, les champs d'activités et les champs d'expertises
de la fonction sont extrêmement vastes et différents
d'une entreprise à une autre. Les qualités personnelles,
mises en avant lors des recrutements, sont nombreuses. L'obligation
de discrétion par exemple reste dans la majorité des
cas orale et n'est pas valorisée. Enfin, la formation professionnelle
continue peut être pratiquement inexistante.
- Le second chapitre aborde, au travers de l'enquête,
l'organisation du travail quotidien. La moitié des professionnels
interrogés ont parfaitement conscience des conséquences
positives générées par une organisation du
travail réfléchie, concertée et donc optimale.
Mais les responsables des fonctions se retrouvent face à
des paradoxes difficiles à gérer au quotidien. Le
premier paradoxe vient du métier en lui-même, et le
fait que se côtoient, dans le même univers, des tâches
répétitives, rébartitives, simples avec des
sujets extrêmement complexes, qui requierent une expertise
pointue, le tout dans un environnement réglementaire en évolution
constante et quelquefois difficile à appréhender et/ou
interpréter. Le deuxième paradoxe vient de la cohabitation
du moderne et de l'ancien. La technique de la paie est soumise aujourd'hui
à des logiques informatiques complexes assurant une efficacité
et des gains de temps importants. La paie évolue donc dans
un univers technologique moderne et innovant à côté
duquel on fonctionne à " l'ancienne " car seul
des contrôles manuels, rigoureux, pointilleux assurent une
fiabilité totale des bulletins de salaire et des déclarations.
D'autre part, l'informatisation de la fonction a permis la maîtrise
de la technique, mais sa mise en uvre est parfois difficile
au quotidien par sa complexité.
Enfin, la fonction paie se caractérise par
des acteurs, qui doivent être à la fois, polyvalents
et spécialisés. Ils sont en outre, montrés
facilement du doigt lorsqu'un problème est découvert
sur un bulletin de salaire et leurs nombreuses contraintes quotidiennes
sont rarement prises en considération. Certains d'entre-eux
gèrent cependant des sujets comportant des enjeux non négligeables
en terme financier pour l'entreprise. Ils ressentent fréquemment
un manque de valorisation et de reconnaissance et ce, quelle que
soit l'activité et l'effectif de l'entreprise. Cependant,
ces problèmes disparaîssent quand l'expertise et la
valeur ajoutée des acteurs sont mesurées à
leur juste valeur, mais également par la crédibilité,
l'image de marque du service paie au sein de la fonction RH et la
définition d'une mission de service aux " clients internes
" de l'entreprise.
" Parler de la fonction paie aujourd'hui s'accompagne
également d'aborder l'actualité qui la concerne :
la démarche de sous-traitance ou d'externalisation . Les
différentes typologies de sous-traitance et d'externalisation
sont donc présentées dans ce troisième chapitre
ainsi que les bénéfices et les risques principaux
d'une telle démarche. Pour la fonction paie, l'externalisation
permet avant tout, une maîtrise technique de l'informatique
lors de la réalisation et de l'édition du bulletin
de salaire. Il ne s'agit pas de répondre à la question
: " faut-il externaliser ou pas la fonction paie ? " mais
de réfléchir aux raisons motivant ces décisions
et ensuite de déterminer les meilleures conditions pour mener
à bien et réussir cette démarche. En effet,
le développement de l'externalisation de la fonction paie
en France, a probablement été influencé par
un phénomène de mimétisme ou encore par effet
de mode . Externaliser par mimétisme sans réflexion
et analyse préalable peut cependant se révéler
dangereux et certaines entreprises décident de réinternaliser
leur activité après avoir externalisé.
Enfin, ce chapitre s'achève sur la productivité
et les coûts de la fonction paie, qui sont, globalement mal
connus et peu exploités. Jusqu'à présent, s'occuper
de la productivité de la paie était synonyme d'une
démarche d'externalisation. Les coûts sont, de fait,
mieux appréciés quand la fonction est externalisée
mais actuellement ils ne sont pas forcément moindres que
ceux obtenus en interne. Jérôme Barthélémy
remarque que plus la mesure de la performance (qualité de
la prestation, efficacité du service..) est difficile, plus
il est recommandé de réaliser une activité
en interne. Quelle que soit la décision de l'entreprise :
externaliser ou non, il s'agira de s'occuper de la performance de
la fonction.
- Les enjeux et la performance de la fonction paie
font l'objet du quatrième chapitre. Le redressement suite
au contrôle de l'URSSAF est l'un des principaux enjeux financiers.
Le bilan de l'ACOSS confirme la méconnaissance de ces enjeux.
Celle-ci provient certes du degré de complexité de
la législation, mais surtout d'un véritable manque
d'appréciation des conséquences financières.
Les enjeux humains sont plus difficilement mesurables.
L'enquête met en évidence que lorsque la fonction paie
a dans ses attributions, une véritable mission de service
auprès des " clients-internes " de l'entreprise,
il y a des répercussions positives sur le climat social.
Ainsi, la prise en considération du traitement des réclamations
et des demandes d'informations permet l'instauration d'un véritable
climat de confiance grâce à la crédibilité
et à l'image de la fonction. Celui-ci permet alors à
la fonction d'accéder à un rôle de conseil et
de services rendus vis à vis des salariés, des encadrants
et des dirigeants.
La fonction par ses caractéristiques, ses
enjeux, ses multiples champs d'activité se doit d'accéder
à la quête de la performance. Les critères d'appréciation
définis sont : la fiabilité, la crédibilité
et la productivité.
La fonction paie n'est pas positionnée au
sein des RH à la hauteur de ces enjeux. Pourtant, son organisation
et son dynamisme ont un impact sur l'ensemble de la fonction RH.
. La recherche de performance devra être effectuée
à travers la gestion de ces véritables enjeux, la
définition de ces principales missions et surtout la gestion
de ses individus et de leurs compétences. Cette performance
s'inscrit dans une politique de performance des RH. De ce fait,
cette fonction doit devenir un enjeu fondamental de management des
Directions Ressources Humaines.
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