Coopter pour mieux intégrer
La cooptation permet un recrutement ciblé à un moindre coût. Sa
pratique tend à se généraliser et se diversifie. Coup d’oeil sur
quelques entreprises s’y adonnant.
Longtemps synonyme de piston la cooptation s’institutionnalise
comme un mode de recrutement parmi d’autres. Transformer son salarié
en « chasseur de tête » est devenu traditionnel dans nombre
de grandes entreprises et de sociétés de services. Pour Daniel Rota
, directeur du marketing et de la communication de CMG « La
méthode s’est développée ces derniers années au rythme des SSII
car le secteur connaît un turn over et un besoin d’embauche important.
Dès lors, nous ne devions négliger aucun canal. » Une étude
effectuée par Bernard Hodes Group auprès de 144 grandes entreprises
française place le procédé au second rang des moyens utilisés. « La
cooptation « informelle » est certainement la façon de
recruter la plus répandue » affirme Pascale Levet directrice
de l’observatoire des hommes et des organisations.
Recruter, fidéliser, économiserCMG réalise 38% de ses recrutements
par ce biais. Composée de plus de 300 ingénieurs, et avec un turn
over de 20%, les salariés de la SSII ont parainné plus de 150 « entrants »
en l’an 2000. « Le système de parrainage repose sur deux lois :
celle du « qui se ressemble s’assemble » et du témoignage,
« c’est le salarié heureux qui parle le mieux de l’entreprise ».
explique Daniel Rota. La méthode ne vaut que si elle est accompagnée
d’une forte politique de ressources humaines visant à impliquer
les employés dans le projet d’entreprise. Chaque parrain est également
encouragé par une prime touchée à l’issue de l’embauche définitive
du « filleul ». Chez Keyrus, la somme varie en fonction
du type de profil recruté : 3000 francs pour un junior, 5000
francs pour un intermédiaire et 8000 francs pour un senior. « L’intérêt
réside dans le coût quasi nul excepté les primes mais également
dans la facilité d’intégration des cooptés. Il sont déjà au courant
de l’esprit qui règne dans la boite » se réjouit Damien
Ferriol, responsable du recrutement de Keyrus. Et les parrains se
sentent plus impliqués dans la vie de l’entreprise « nous les
responsabilisons, ils sont tenus informés et s’informent de l’avancée
du dossier de leur filleul ».
Vendre la cooptationFace à la demande, Bernard Hodes a développé
un offre de cooptation clefs en main pour les entreprises. « Autre
chose qu’un simple envoi de courrier de la direction pour proposer
une récompense aux cooptants comme cela se fait encore très souvent »
souligne Antoine Jeandet, directeur général France du cabinet de
conseil en communication recrutement. Pour Sydelis (autre SSII)
ils ont développé la campagne Kanawana, du nom d’une tribu
africaine. Avec pour base un site internet permettant de consulter
les offres et de déposer les CV des filleuls, le cycle de cooptation
s’est ouvert par l’envoi à chaque collaborateur d’un lion en peluche.
Des affiches placardées, stands d’information, tout a été fait pour
encourager au recrutement. En cadeau, le parrain recevait caméra
numérique, appareil photo... et le droit de participer au tirage
au sort pour gagner un séjour safari photo de 15 jours au Kenya. En
6 mois, 17 nouvelles recrues ont intégré l’entreprise.
Cet article a été effectué en collaboration avec www.job-attitude.com