Synthèse du marché
du recrutement sur Internet
Ce dossier est tiré du mémoire
de fin d'année de FLEURY ChristelleE-mail :christelle600@yahoo.com
1.
Etat du marché mondial d’Internet
En quelques années, un nouveau groupe d’individus
est né : la tribu des internautes, avec ses propres caractéristiques,
ses règles de fonctionnement et ses codes. Il y a 7 ans, seulement
< 90 000 personnes utilisaient régulièrement Internet.
Les inégalités dans l’accès
à Internet sont aujourd’hui criantes, avec un fossé qui ne cesse de
se développer entre les pays riches et les pays pauvres. Le milliard
d’internautes devrait être atteint en 2005 et 92% des internautes
sont actuellement concentrés dans seulement 15 pays.
Selon United States Internet
Council (USIC), organisme sans but lucratif financé par les industriels,
les Européens et les Asiatiques sont désormais plus nombreux sur le
réseau que les Américains du Nord. Dès 2003, l’Asie devrait d’ailleurs
surpasser les Etats-Unis et l’Europe réunis.
Dans peu de temps, les autoroutes
de l’information (« inforoutes ») permettront de brancher
tout le monde sur des voies électroniques afin d’échanger des informations
de façon illimité. Nous assisterons ainsi à sa substitution face au
téléphone, la télévision, le fax… D’ailleurs, l’industrie a, dès à
présent, adopté un standard quasi universel : le WAP, introduit
en juin 1999. De plus, le développement de l’Internet mobile (via
les téléphones portables) dope actuellement les connexions et les
premiers services lancés par les opérateurs en Europe, en Asie et
aux Etats-Unis donnent déjà une idée de ce que sera le quotidien d’un
citoyen connecté en permanence à Internet.
Nombre d’utilisateurs d’Internet
dans le monde en millions (Nua Internet Survey 2000) :
| Amérique du Nord
|
136,86 |
| Europe
|
83,35 |
| Asie-Pacifique
|
68,9 |
| Amérique du Sud
|
10,14 |
| Afrique
|
2,58 |
| Moyen-Orient
|
1,9 |
Selon cette même étude, 70%
des sites sont américains et en une seule journée, la Toile s’enrichit
de 3,18 millions de pages et de 716 000 nouvelles ../images. De plus,
une étude de Cyveillance a dénombré, en juin dernier, pas moins de
2 milliards de pages web…et la durée de vie moyenne d’une page était
de 44 jours l’an dernier, selon Censorware Project.
Près de 20 millions d’offres
d’emploi seraient actuellement publiées sur Internet, le secteur du
recrutement étant le plus porteur de la nouvelle économie derrière
l’e-commerce. L’atelier Paribas recensait l’an dernier 11 000 sites
spécialisés, dont 2 500 payants, et environ 500 sites français dédiés
au recrutement.
2.
Etat du marché français d’Internet rapporté au recrutement
a)
Quelques chiffres généraux
Après avoir été longtemps à
la traîne des autres pays développés, probablement en partie à cause
du Minitel, la France rattrape son retard, et ce, grâce à l’intervention
de personnages politiques tels que Lionel Jospin qui, en lançant la
« Bataille de l’intelligence » en 1997, a ouvert un programme
de développement d’Internet (voir son allocution lors de la « Conférence
mondiale des régulateurs sur l’Internet », en annexe).
Véritable « média intelligent »,
Internet couvre à la fois les besoins des entreprises et les attentes
des candidats. Les perspectives à 2 ans (30 à 40% de pénétration)
positionnent Internet comme le média de référence pour le recrutement
et la flexibilité de cet instrument de recherche permettra l’intégration
de solutions complémentaires au recrutement en apportant une valeur
ajoutée globale à la fonction RH.
Cependant, les investissements
effectués sur Internet sont considérables et les profits minimes.
De plus, le quotient Internet (ou degré moyen d’ « internettisation »
des entreprises) qui mesure l’implication des dirigeants dans les
stratégies Internet de leur entreprise est encore faible pour la France :
avec un quotient de 20 sur 200, contre 120 pour les Etats-Unis, la
France accuse encore un certain retard dans ce domaine.
Les derniers chiffres disponibles
état d’une forte progression du nombre d’internautes en France, la
plus forte jamais connue. Selon une étude Médiamétrie / ISL, presque
4 000 000 de personnes se sont connectées à Internet ou à un service
en ligne au moins une fois au cours des 12 derniers mois sur la période
octobre-décembre 1998. Cela représente une pénétration sur la base
de la population des 18 ans et plus de 8,3%.
Comparé aux autres pays européens,
ce chiffre place la France dans le peloton de queue (ce qui s’explique
par des réticences culturelles et le fait que les Français ont longtemps
eu du mal à cerner ce qu’ils pouvaient attendre de l’Internet dans
leur vie professionnelle); des pays < comme la Suède ou la Finlande
atteignent des taux de pénétration compris entre 25 et 50%.
Les
Pouvoirs publics français estiment ainsi qu’il y a urgence à familiariser
les populations aux nouvelles technologies, et ce, dès l’enfance,
c’est-à-dire dans les écoles. Dans un monde mouvant, l’éducation reste
encore la meilleure préparation pour s’adapter. C’est ce qui amène
H.G. Welles à dire, « L’histoire humaine devient de plus en plus
une course de vitesse entre l’éducation et la catastrophe » !
D’après une étude du ministère de l’Education Nationale en janvier
2000, 88% des établissements du second degré sont connectés à Internet
(contre 90% aux Etats-Unis, tous niveaux confondus) et il y aurait
un ordinateur pour 7 élèves dans les lycées français (à noter
que ce chiffre ne tient pas compte de l’évolution qualitative du parc
informatique scolaire ni de l’utilisation de ces machines).

Source : Médiamétrie.
Au début de l’année 1999, le
nombre total d’abonnés à un fournisseur de services s’élevait, seulement,
à 1 280 000 et en trois mois, plus de 300 000 nouveaux abonnés ont
rejoint Internet. A ce rythme de progression, le vœu formulé par Dominique
Strauss-Kahn d’atteindre les 10 millions d’internautes en France d’ici
la fin 2000, pourrait se réaliser !
b)
Profil-type des internautes français, notamment ceux recherchant un
emploi
La population des internautes
français présente tout d’abord quelques grandes caractéristiques (Etude
Mediametrie au premier trimestre 2000) :
-
66% des internautes sont des hommes ; l’évolution tend vers
la parité hommes-femmes,
- les internautes
sont jeunes : 29% ont entre 18 et 24 ans, 26% ont entre 25
et 34 ans et 31% ont entre 35 et 49 ans,
- le nombre d’heures
moyen passées sur Internet était, à la fin 1998, de 25 par mois,
- 33% des internautes
sont des dirigeants et des professions libérales (cadres, chefs
de service…) et 25% sont des étudiants..
Selon
une étude récente de l’Apec, dans un contexte de recherche d’emploi,
l’utilisation d’Internet est, en général, fortement développée parmi
les cadres et les jeunes diplômés (les sites Internet spécialisés
dans les offres d’emploi sont les plus consultés par les jeunes salariés
ayant moins de trois ans d’expérience): les trois quarts d’entre eux
(77%) utilisent Internet et la moitié déclare l’utiliser « souvent ».
Cependant, plus d’une personne sur cinq (23%) n’a « jamais »
utilisé Internet. A noter au passage que les jeunes diplômés sont
plus fortement utilisateurs d’Internet que les cadres expérimentés :
86% sont internautes.
Question :
« Avez-vous déjà utilisé Internet ? »
|
Souvent |
Quelquefois |
Sous-total |
Jamais |
Total |
| Jeunes diplômés
|
59% |
28% |
87% |
13% |
100% |
| Cadres en activité
|
47% |
27% |
74% |
26% |
100% |
| Cadres sans emploi
|
44% |
25% |
69% |
31% |
100% |
| Ensemble des personnes
|
50% |
27% |
77% |
23% |
100% |
Les
raisons invoquées pour ne pas utiliser Internet sont avant tout « l’impossibilité
d’y accéder » (72%) et le coût de l’équipement nécessaire (42%).
Mais une partie des non-internautes (1 sur 5) ne voit pas « l’utilité »
ou « l’intérêt » de ce nouveau média.
Question : « A ce jour,
pourquoi n’avez-vous pas utilisé Internet ? »
(Concerne les 22% de non-utilisateurs. Plusieurs réponses possibles)
| Vous
n'en voyez pas l'intérêt
|
7% |
| Vous
n'en avez pas l'utilité
|
12% |
| Vous
n'avez pas de possibilité d'y accéder
|
72% |
| Internet
représente un budget supplémentaire
|
42% |
Le domicile est le lieu le plus
fréquemment cité (47% des cas) pour l’utilisation d’Internet par toutes
les personnes interrogées, excepté les cadres en poste. Ces derniers
surfent autant de leur lieu de travail que de leur domicile. Quant
aux jeunes diplômés , ils accèdent à Internet dans des lieux
très divers : outre le domicile et le travail, ce peut être le
domicile des amis ou un cyber-espace.
Question : « D’où utilisez-vous
Internet le plus souvent ? »
(Plusieurs réponses possibles)
|
Domicile |
Travail |
Amis |
APEC |
Cyberespace |
Autres |
| Jeunes diplômés
|
35% |
28% |
22% |
18% |
10% |
24% |
| Cadres en activité
|
51% |
54% |
5% |
9% |
4% |
5% |
| Cadres sans emploi
|
61% |
20% |
7% |
17% |
2% |
15% |
| Ensemble des personnes
|
47% |
34% |
13% |
16% |
6% |
16% |
c) Les obstacles
au développement d’Internet en France et les moyens mis en œuvre pour
les contrer
Les principaux obstacles au développement
d’Internet en France sont de trois ordres :
-
un faible taux d’équipement des foyers en ordinateurs (seulement 15%
pour environ 37% aux Etats-Unis),
- un coût élevé
des communications téléphoniques,
- un manque de moyens
d’information et de formation.
Ces obstacles devraient être cependant
bientôt levés car :
- le coût des micro-ordinateurs
continue à diminuer proportionnellement à l’augmentation de sa puissance,
- la concurrence découlant
de la privatisation des opérateurs européens de télécommunications
entraînera une forte baisse des tarifs,
- depuis le printemps
1996, la France semble avoir pris la mesure de la dimension internationale
d’Internet. De nouveaux moyens ont dès lors été mis en œuvre afin
de soutenir les actions d’information et de formation.
3.
Etat du marché américain d’Internet rapporté au recrutement
Selon une étude de Cyberdialogue
2000, le nombre d’internautes aux Etats-Unis est passé de 30 millions
en janvier 1997 à 70 millions en janvier 2000. La pression de la concurrence
pousse les entreprises à se réinventer autour d’Internet. Ainsi, aux
Etats-Unis, les chefs d’entreprise sont en train d’être gagnés par
ce que le Business Week appelle « l’anxiété Internet ».
Le cabinet Forrester Research,
spécialisé dans l’étude des évolutions de la technologie et leur impact
sur la société, a récemment publié un rapport sur les réseaux Internet
de recherche d’emploi. Il mise sur un développement des services de
recrutement en ligne, et annonce que toutes les entreprises américaines,
dès 2001, utiliseront Internet pour leur recherche de candidats.
Selon Chris Charron, un des
analystes de Forester, « environ 4% des internautes ont trouvé
leur emploi sur Internet. Mais ce pourcentage ne reflète pas le nombre
de personnes qui ont utilisé Internet pour chercher un emploi, et
qui ont peut-être finalement trouvé par un autre biais. Si l’on considère
tous les moyens de trouver un emploi, le pourcentage de connectés
qui ont utilisé Internet dans ce but serait probablement de 50%. Cela
signifie qu’environ 22% de la population américaine utilise Internet
dans sa recherche d’emploi aujourd’hui. » Compte tenu du faible
taux de chômage aux Etats-Unis, beaucoup d’internautes ont déjà un
emploi, ce qui ne les empêche pas d’utiliser ce média pour se
tenir au courant des opportunités et évaluer leur valeur sur le marché
du travail.
Une tendance au niveau de l’évolution
des sites a, de plus, été observée: les « job boards » se
transforment en « career networks ». Alors que le « job
board » (ou bureau d’emploi) se contente de mettre en ligne des
offres d’emploi (l’internaute en prend connaissance et les recruteurs
paient afin de mettre les offres en ligne pour une période définie
de 30 ou 90 jours environ), le « career networks » (ou réseau
de carrières) cumule des banques de CV, des services d’évaluation
à l’intention du chercheur d ‘emploi comme du recruteur (compétences,
tests d’aptitudes…), des liens avec des sites de formation, une information
sur les niveaux de salaires…et propose même parfois des modèles de
lettres de démission ! ! Venant seulement de se constituer,
les « career networks » ne peuvent pas encore être considérés
comme de véritables moyens d’évaluer le marché. Cependant, le taux
de pénétration de l’Internet augmentant et les consommateurs utilisant
de plus en plus le Net pour leur recherche d’emploi, ces réseaux seront
bientôt au cœur de l’activité de recrutement et ils donneront un bon
aperçu de l’offre et de la demande sur le marché du travail.
4.
Les outils offerts par Internet
Pour comprendre pourquoi l’information
va devenir centrale, il faut savoir comment la technologie va modifier
notre façon de la traiter.
Pendant plus de 500 ans, l’essentiel
du savoir humain a été conservé sous forme de documents papier. La
richesse des documents électroniques nous apporte une aide que nous
ne pouvons attendre d’aucun type de support d’informations. Restreindre
l’accès à l’information a toujours constitué un enjeu stratégique.
Grâce à l’ordinateur et à l’arrivée d’Internet, il devient maintenant
possible de traiter plus rapidement l’information, dont le volume
est en perpétuelle croissance, et de partager le savoir à une échelle
mondiale : Internet ne connaît pas de frontière et avec le virtuel,
l’information peut se trouver partout à la fois. Ce nouvel accès à
une multitude de données rapproche les hommes en améliorant leur compréhension
des autres cultures et permet un partage des valeurs.
Sur le web, la dynamique de
la pensée se trouve stimulée par la confrontation avec diverses informations.
Les navigateurs, moteurs de recherche et autres agents intelligents
apportent une puissance et une convivialité accrue et facilitent la
rapidité et la pertinence de la consultation. Grâce à eux, les références
viennent à l’internaute, triées sur son écran sous forme de liens
hypertexte. En raison de toutes les démultiplications du texte rendues
possibles par ces liens, une page web contient ainsi beaucoup plus
qu’elle-même, c’est-à-dire une multitude d’autres pages web accessibles
en cascade. A titre personnel, il m’est souvent arrivé de cliquer
sur des liens hypertextes d’une lettre de News envoyée par un site
de recrutement dans le cadre d’une recherche de stage et de me retrouver,
après quelques clics de souris, sur un site intéressant que je n’aurai
probablement jamais connu autrement.
En résumé, le web joue donc
un rôle :
-
d’accélérateur de la pensée, en permettant de tester rapidement les
idées,
- d’outil de
prise de conscience en faisant découvrir des perspectives auxquelles
on n’avait pas pensé,
- d’outil de
créativité en stimulant des associations d’idées originales.
De plus, Internet permet à la
fois une communication synchrone et asynchrone. Il est cependant dans
la nature humaine de chercher à convertir en asynchrone les communications
synchrones d’où l’utilisation massive du courrier électronique, service
le plus utilisé sur Internet : il permet l’envoi de messages
en quelques secondes à l’autre bout du monde pour le prix d’une communication
locale. L’e-mail permet ainsi aux interlocuteurs de communiquer à
leur rythme, en s’affranchissant des problèmes de décalage horaire.
Un de ses nombreux avantages
est de permettre le traitement des informations reçues sans avoir
à les ressaisir : il est possible d’attacher un document annexe
au message afin de faire circuler rapidement des informations compressées
ou non. Il fonctionne 24 heures sur 24 et permet de relever son courrier
à partir de n’importe quel ordinateur connecté à Internet, idéal et
pratique lorsque l’on est continuellement en déplacement. Ce système
de communication permet l’acheminement d’un message à l’absent mais
substitue à la relation interpersonnelle un rapport appauvri de personne
à machine.
La part de l’écrit a pris de
plus en plus d’importance dans notre vie et le cyberespace (« cyber »
signifie pilote) a la particularité de réduire l’expression au texte,
d’où une certaine déshumanisation. Comme le disait si bien Saint Exupéry :
« Pièce par pièce, la machine devient une part de l’humain ».
Sur le World Wide Web, les méthodes
d’approche par table des matières ou index sont des aides de navigation
précieuses. Un service comme Yahoo ! joue le rôle de table des
matières centralisée pour des milliers de sites web constituant un
véritable labyrinthe d’informations.
Le forum de discussion (« newsgroup »)
participe aussi activement à l’emploi sur le web. C’est un espace
de rencontre, un lieu d’échange où il est possible d’envoyer des messages
dans une liste, chacun étant alors libre de les consulter et d’y répondre.
Le principe du forum est de fédérer sur un thème donné, les avis de
nombreux internautes. Alors que les courriers électroniques classiques
sont stockés dans les boîtes aux lettres des correspondants, les articles
d’un forum ne sont pas envoyés à tous les utilisateurs mais consultés
par ceux qui le désirent. L’avantage de ces newsgroups est qu’ils
réunissent des professionnels avertis, ce qui peut être utile pour
les candidats effectuant une recherche particulièrement ciblée.
Les outils du recrutement sur
Internet se déclinent sous plusieurs formes :
- les annonces disponibles
en ligne sur des sites tels que celui de l’ANPE, l’APEC, Cadresonline…
- le dépôt
de CV sur des serveurs spécialisés tels que CareerMosaic (qui vient
de s’associer à Headhunter), Emailjob…
- les sites
d’annonces d’emploi sur le web par l’intermédiaire de moteurs de
recherche, obtenus en tapant le mot-clé « emploi » sur
Yahoo, Nomade, Lycos…
Ce dossier est tiré du mémoire
de fin d'année de FLEURY Christelle , E-mail">christelle600@yahoo.com
Bibliographie

