Le régime légal des congés
payés
La période estivale approchant à
grand pas, nous vous proposons de faire le point sur les congés
payés.
Les droits aux congés
payés
Pour pouvoir prétendre aux congés
payés, le salarié doit justifier d’un minimum
de un mois de travail effectif chez le même employeur au
cours de la période de référence.
La période de référence s’étend,
dans la plupart des cas, du 1er juin de l’année précédente
au 31 mai de l’année en cours.
Pour les congés 2004, l'année de
référence va du 1er juin 2003 au 31 mai
2004.
Par dérogation, une convention ou un accord
collectif peut, en cas de modulation ou de réduction du
temps de travail par l'octroi de jours de repos, fixer une période
différente.
Ce mois de travail effectif équivaut,
selon la loi, à 4 semaines ou 24 jours ou 20 jours de travail
effectif suivant que l’horaire de travail est réparti
respectivement sur 5 ou 6 jours.
Le temps effectif de travail s’appréciant
indépendamment de l’horaire de travail, les salariés
à temps partiel ont les mêmes droits à congés
que ceux à temps plein.
Pour les salariés recrutés en
cours d’année, les droits sont appréciés
à compter de la date d’embauche jusqu’au 31
mai.
La durée des congés
La durée du congé est de deux jours
et demi ouvrables par mois de travail effectif sans pouvoir excéder
30 jours ouvrables.
Le salarié qui a travaillé 12 mois a donc droit
au maximum à 30 jours ouvrables.
Si le nombre de jours ouvrables obtenu n’est pas un nombre
entier, la durée du congé doit être portée
au nombre entier immédiatement supérieur.
Attention : certaines périodes
d'absences sont assimilées par la loi à des périodes
de travail effectif :
- les congés payés de l’année précédente,
- les congés de maternité,
- les suspensions de contrat pour accident du travail ou maladie
professionnelle dans la limite d’une durée ininterrompue
de 1 an,
- les congés de formation professionnelle...
Le décompte des
congés payés
En principe, le décompte des congés
payés est effectué en jours ouvrables.
On entend par jours ouvrables tous les jours de la semaine (y compris
le samedi même s’il est non travaillé), à
l’exception du jour de repos hebdomadaire (en général
le dimanche) et des jours fériés habituellement chômés
dans l'entreprise.
Une semaine comporte donc 6 jours ouvrables, quelle
que soit la répartition de la durée hebdomadaire du
travail.
Le décompte des jours de congés s’effectue sur
la base du nombre de jours ouvrables inclus dans la période
d’absence choisie.
Attention
Le premier jour ouvrable de congés est le premier jour où
le salarié aurait dû travailler, et non le jour chômé
en raison de la répartition sur moins de 6 jours de l’horaire
de travail.
Exemple
Un de vos salarié part le jeudi.
Le premier jour ouvrable suivant est donc le vendredi, le samedi sera
alors décompté comme un jour de congés payés.
En revanche, si ce salarié ne part que le vendredi après
son travail, le samedi ne sera pas décompté.
Par contre, le dernier jour ouvrable compris dans
la période d'absence compte pour le calcul des jours de congés,
même s'il correspond à une journée non travaillée
dans l'entreprise.
Les congés peuvent également être
décomptés en jours ouvrés, c’est-à-dire
ceux travaillés dans l’entreprise (du lundi au vendredi
en règle générale).
Dans ce cas, on considère qu’une semaine
correspond à 5 jours ouvrés et que le salarié
a droit au maximum à 25 jours de congés ouvrés.
Si vous appliquez cette méthode de calcul, elle ne doit jamais
être défavorable au salarié par rapport au calcul
en jours ouvrables.
Attention
Dans les entreprises dont l’horaire de travail est réparti
sur 5 jours et lorsque le salarié ne travaille que quelques
jours dans la semaine, les jours non travaillés restent considérés
comme des jours ouvrés pour le calcul de ses congés.
Ainsi un salarié qui ne travaille pas le mercredi,
qui prend une semaine de congés, se verra quand même
décompter 5 jours ouvrés.
Obligation des parties
L'employeur a obligation d'accorder les congés
L’octroi au salarié des congés
qu’il a acquis constitue une obligation pour l’employeur.
S’il fait obstacle à la prise des congés, celui-ci
peut être condamné à réparer le préjudice
subi.
L’employeur peut, par contre, décider des périodes
de congés.
Le salarié a obligation de prendre ses
congés
Les congés payés ayant pour but de
permettre au salarié de se reposer, ce dernier doit impérativement
les prendre.
Ainsi, le salarié qui n’a pu prendre ses congés
pour des causes extérieures à l’entreprise, ne
peut prétendre, sauf accord de l’employeur, ni à
leur report, ni au versement d’une indemnité compensatrice.
Attribution des congés
La période de congés, fixée
par la convention collective ou à défaut par l’employeur,
doit obligatoirement être comprise entre le 1er mai et le 31
octobre.
Ce qui signifie qu’en l’absence de convention
ou d’accord dérogatoire, le salarié ne peut pas
être contraint à prendre ses congés en dehors
de cette période.
A l’intérieur de la période de congés,
c’est à l’employeur qu’il revient de fixer
l’ordre des départs (après avis des éventuels
délégués du personnel et compte tenu de la situation
de famille et de l’ancienneté des bénéficiaires).
La durée maximale des congés pouvant
être prise en une seule fois ne peut pas excéder 24 jours
ouvrables (sauf dérogation individuelle).
Il en résulte que, en principe, la 5ème semaine et plus
généralement, les jours acquis au-delà de 24
jours ne peuvent être accolés au congé principal.
En outre, seul le congé principal supérieur à
12 jours ouvrables et inférieur à 24 jours peut être
fractionné.
En effet, 12 jours ouvrables continus compris entre deux jours de
repos hebdomadaire doivent être pris pendant la période
du 1er mai au 31 octobre.
Le salarié bénéficie d’ailleurs de jours
supplémentaires de congés lorsque, à l’exception
de la cinquième semaine, des jours de vacances sont pris en
dehors de la période du 1er mai au 31 octobre :
- 2 jours s’il prend au moins six jours en dehors de la période,
- 1 jour s’il prend 3, 4 ou 5 jours en dehors de la période.
Indemnités de congés
payés
Il existe deux modes de calcul de l’indemnité
de congés payés et il appartient à l’employeur
de rechercher pour chaque salarié la solution la plus favorable.
La première solution consiste à retenir le dixième
de la rémunération totale perçue par le salarié
au cours de la période de référence.
En pratique, pour faire votre calcul, vous devez
tenir compte de l’ensemble des éléments qui forme
le salaire.
Il faudra par exemple inclure le paiement des heures supplémentaires,
la prime d’ancienneté, les congés payés
de l’année précédente…
Vous devez bien sûr prendre en compte la valeur brute de ces
sommes.
En revanche, vous devez exclure de votre base de calcul les indemnités
représentatives de frais et les gratifications ou primes annuelles
allouées globalement pour l’année (13ème
mois, primes exceptionnelles …).
La seconde prévoit le maintien du salaire dans les mêmes
conditions que si le salarié avait travaillé pendant
sa période de congés.
L’indemnité de congés payés,
intégralement assimilée à un salaire, supporte
les mêmes retenues que ce dernier.
Attention
Votre convention collective peut prévoir des règles
dérogatoires au droit du travail