| La présentation
du marché des SIRH
Le marché des Systèmes d’Informations
Ressources Humaines (SIRH) a profondément évolué
depuis une trentaine d’années. Ces évolutions
suivent toutes la même ligne directrice, l’ouverture
du SIRH tant sur le plan technologique que sur celui des profils
d’utilisateurs accédant à l’application.
Je vous propose une brève analyse de l’historique
des évolutions du SIRH afin de se projeter vers les nouvelles
tendances de ce marché dans les années à
venir.
- Les années 70
Les premiers progiciels SIRH sont apparus au
début des années 1970. Ils ont été
développés dans un environnement sur grands systèmes
avec la saisie des données sur des cartes perforées
et des transactions essentiellement « bath » (en temps
différé).
La direction informatique exploitait l’application.
L’utilisateur Ressources Humaines était donc dépendant
du service informatique pour l’exécution des traitements
ainsi que des états. Le périmètre fonctionnel
était principalement la paie.
Dans les années 1975 à 1980 est
apparue une première évolution des progiciels SIRH,
l’arrivée d’une interface utilisateur peu conviviale
appelé « langage Télé Processing (TP)
» permettant la saisie des données à l’écran
par des utilisateurs de la fonction Personnel.
- Les années 80
Les années 80 ont été marquées
par l’avènement de la micro informatique. Sont apparues
entre les années 1983 à 1990 des progiciels de gestion
des Ressources Humaines disposant d’un périmètre
élargi sur le plan des fonctionnalités puisqu’ils
traitaient de la gestion qualitative du personnel (compétences,
postes, formation, recrutement, GPEC, gestion des carrières,…).
Ces progiciels acquis principalement par les Directions des Ressources
Humaines, disposaient d’une ergonomie plus adaptée
et plus conviviale que les progiciels de paie sur grands systèmes.
L’arrivée de ces nouvelles applications
se faisant assez souvent sans concertation avec le département
informatique, des problèmes d’interfaçage
ont été constatés entre l’application
maîtresse de paie hébergée sur grands systèmes
et les applications esclaves de gestion des Ressources Humaines
développées sur micro ordinateur. Ainsi, il n’était
pas rare de constater des saisies d’informations en double
et donc des problèmes de cohérence entre les deux
bases d’informations paie et Ressources Humaines. Au fil
du temps, de nombreuses applications sur micro ordinateurs ont
été abandonnées ou peu utilisées.
- Les années 90
Les années 90 ont profondément
marqué le marché des SIRH.
Trois révolutions majeures ont modifié
le panorama du marché des SIRH. Tout d’abord, l’arrivée
de solutions SIRH développées sous Unix, puis les
bases de données relationnelles et enfin le client serveur.
Première révolution :
l’arrivé d’Unix permettant l’indépendance
des progiciels SIRH vis-à-vis des constructeurs de matériels
informatiques et notamment des systèmes d’exploitation
dits « propriétaires ». Ainsi, il n’était
plus nécessaire d’acquérir un nouveau progiciel
SIRH si la direction informatique décidait de changer de
constructeur. L’application était pérennisée.
Deuxième révolution : l’arrivée
des Systèmes de Gestion des Bases de Données Relationnelles
(SGBD) garantissant l’indépendance des données
vis-à-vis des traitements. Ainsi, une application tierce
telle que la comptabilité par exemple (utilisant le même
moteur de base de données) pouvait lire une donnée
d’un collaborateur (son numéro de matricule par exemple)
pour auxiliariser les frais professionnelles dans la comptabilité
tiers. Ce qui n’était pas simple à réaliser
dans le cadre d’une structure de fichier classique (vsam,
…).
Troisième révolution : L’arrivée
du client-serveur permettant la réconciliation entre la
micro informatique utilisé comme poste de travail et les
serveurs de données et de traitements afin d’assurer
une cohérence en terme d’architecture technique et
une unicité des données. L’utilisateur de
la fonction Personnel pouvait donc disposer d’une ergonomie
conviviale tout en ayant une unicité de la base d’informations.
Ces trois évolutions ont eu d’énormes
incidences sur le marché. Bon nombre d’éditeurs
proposant des progiciels sur des systèmes d’exploitation
« propriétaires » donc liés à
la machine ont purement disparu du marché (hormis l’AS/400).
De plus, les investissements réalisés
par les éditeurs en terme de développements étaient
très importants et se traduisaient par une réécriture
complète de l’application sous UNIX, base de données
et client-serveur et ils devaient également accroitre de
manière conséquente le périmètre fonctionnelle
de l’application en proposant outre l’administration
du personnel et la paie (qui étaient déjà
développés), une gestion qualitative du personnel
(postes, compétences, GPEC, gestion des carrières,
formation, recrutement,…).
Bon nombre d’éditeurs ont disparu
faute de moyens financiers.
Ces trois révolutions ont eu pour effet
de réduire de manière conséquente l’offre
en SIRH.
- Les années 2000 à 2007
Une nouvelle révolution technologique
: Internet
Internet a eu un impact très important
sur le SIRH dans la mesure où cette technologie a permis
la décentralisation de certaines transactions à
une population non Ressources Humaines en l’occurrence les
collaborateurs et les managers. En conséquence, le SIRH
n’est plus la propriété exclusive de la Direction
des Ressources Humaines.
Une nouvelle fois, les éditeurs ont du
investir de manière conséquente en réécrivant
l’ergonomie de leur SIRH d’une part (pages web) et
d’autres parts en développant de nouvelles fonctionnalités
rendues indispensables dans le cadre de cette décentralisation.
Il s’agit notamment des éléments suivants
:
- ESS (Employé Self Services) correspondant
aux transactions ouvertes aux employés (accès en
modification aux données collaborateurs, saisie du pointage,
saisie des notes de frais, saisie des demandes d’absences,
saisie dans le cadre du processus d’évaluation annuel,
accès à la bourse des postes vacants, ….),
- MSS (Manager Self Services) correspondant aux
transactions ouvertes aux managers telles que l’élaboration
des plannings d’activités, la validation du pointage
des collaborateurs, la validation des demandes d’absences,
la gestion prévisionnelle des congés, la gestion
des entretiens individuels de fin d’année, ….)
- Directement liés à l’ESS
et MSS, la gestion des organisations (juridiques, fonctionnelles)
ainsi que l’automatisation des processus de gestion (via
un langage de workflow) permettant la prise en compte de la décentralisation
de certaines transactions vis-à-vis des collaborateurs
et des managers (ESS, MSS),
- L’ASP « Application Services Providers
». La technologie web a permis aux éditeurs qui ne
proposaient pas dans leur offre un service de prise en compte
de la maintenance applicative appelé anciennement «
service bureau » de l’offrir aujourd’hui. Cela
a bien entendu une nouvelle fois des incidences en termes de développements
dans la mesure où les travaux de paramétrage et
notamment de la paie doivent être mutualisés.
En synthèse, on s’aperçoit
qu’entre 1970 et 2007, le marché des SIRH a profondément
été bouleversé et a toujours suivi une même
ligne directrice, l’ouverture.
- L’ouverture vis-à-vis des systèmes
d’exploitation (Unix, windows, ..),
- L’ouverture vis-à-vis des données
(SGBD),
- L’ouverture vis-à-vis des collaborateurs
(MSS, ESS)
Il manque une ouverture qui sera vraisemblablement
l’évolution du marché des SIRH durant les
années 2007-2012, celle qui consiste à faire communiquer
les différentes applications SIRH entre elles.
Il s’agit des notions de « web services
» et d’architecture SOA.
« Un Web services est un ensemble de protocoles
et de normes informatiques utilisés pour échanger
des données entre les applications. Les logiciels écrits
dans divers langages de programmation et sur diverses plateformes
peuvent employer des web services pour échanger des données
à travers des réseaux informatiques comme Internet.
Cette interopérabilité est due à l'utilisation
de normes ouvertes regroupées au sein du terme générique
de SOA (Service Oriented Architecture ou Architecture orientée
services) » Source Wikipédia.
Le progiciel SIRH n’apparaîtra plus
comme un ensemble cloisonné de modules applicatifs fermés
sur lui-même mais comme une plate-forme applicative ouverte
à d’autres fournisseurs.
Les éditeurs devront développer
les fonctionnalités sous forme de « web services
» en garantissant l’interopérabilité
de ceux-ci avec les autres fournisseurs de SIRH.
Il s’agit donc par exemple de permettre
l’intégration d’une application développée
par un éditeur national pour le traitement de la paie avec
une application de gestion qualitative des Ressources Humaines
(gestion des compétences, gestion de la mobilité,
…) développée par un éditeur international
et un troisième éditeur pour la gestion de la formation.
Ces différentes applications communiqueront
en temps réel et de manières transparentes pour
l’utilisateur final.
Cette interopérabilité entre les
différentes applications constitue un aspect fondamental
pour les entreprises internationales qui souhaitent gérer
la mobilité du personnel dans les différents pays
(choix d’éditeurs internationaux) en garantissant
les règles sociales et fiscales de chacun des pays (choix
d’éditeurs de paie locaux).
La notion de portail RH s’inscrit tout
à fait dans cette logique qui consiste à fournir
sur le bureau de l’utilisateur, des écrans et des
transactions développés par des éditeurs
différents et ce de manière transparente.
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